Cameroun – Profanation des tombes: La colère du Préfet du Lom-et-Djerem, à l’Est

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Pour pallier à ce problème, Yves Bertrand Awounfack, a pris la résolution de traquer tout trafiquant d’ossements humains et autres profanateur.

La profanation des tombes et le trafic d’ossements humains ont fait leur lit ces derniers temps dans l’ensemble de la région de l’Est du Cameroun. Une situation qui vient remettre au goût du jour le traitement irrévérencieux du sacré dans le Soleil Levant. Le département du Lom-et-Djerem s’en tire avec la part belle d’un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur, d’où la colère de Yves Bertrand Awounfack, préfet du département du Lom et Djérem. Il l’a fait savoir devant les autorités traditionnelles, politiques, et administratives au cours des travaux de réunion de coordination administrative et le Comité de Coordination des Opérations de Maintien de l’Ordre tenues à Bertoua les 5 et 6 Mars dernier. A cette occasion, le préfet, d’un ton rassurant, a précisé que la lutte contre la profanation des tombeaux et le trafic d’ossements humains ira crescendo dans son unité de commandement, étant donné que les villes de Garoua-Boulaï, Mandjou et Bertoua sont de plus en plus montrées du doigt. Ces villes sont au cœur de ce phénomène du fait de leur position géographique stratégique, et plus grave, une bonne franche de la population enterre les dépouilles à des profondeurs non réglementaires, facilitant dès lors la profanation des corps et le trafic d’ossements humains. De mémoire, certains trafiquants d’ossements humains ont été interpellés avec d’énormes cargaisons dans plusieurs villes parmi lesquelles Foumban, Douala, Bertoua, etc. Ces hors la loi, pour la plupart, provenaient du département du Lom et Djérem. Pour pallier à ce problème, Yves Bertrand Awounfack et son état major ont pris une résolution ferme, celle de sensibiliser les chefs traditionnels et l’ensemble des populations pour plus de vigilance et dénonciation afin de traquer tout trafiquant des ossements humains et autres profanateurs.

Approche interpellatrice des populations

La profanation des tombeaux et le trafic d’ossements humains n’indignent pas seulement les autorités administratives, mais aussi les populations. « Ce phénomène est légion dans notre quartier. Régulièrement, nous voyons des personnes étranges circuler ici aux heures tardives sans savoir ce qu’elles viennent chercher et la plupart, dans leurs grosses voitures, se dirigent vers le cimetière de ce quartier », dénonce Claude Bigong, habitant du quartier Monou 2 à Bertoua. Pour Adamou de Mandjou, « la peur nous habite depuis qu’on entend parler de cette histoire ici chez nous. On est inquiet à certaines heures soit de sortir nous même ou de faire sortir nos proches ». La psychose qui sévit dans les villes de Bertoua, Mandjou et Garoua-Boulaï trouve ses fondements dans les kidnappings, enlèvements et disparitions de plusieurs personnes dans ces localités. Une insécurité qui interpelle les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre, « nous voulons aussi attirer l’attention des autorités administratives pour qu’elles multiplient d’ardeur dans leur travail en déployant davantage les forces de maintien de l’ordre et l’armée sur le terrain », souhaite Yvette Dorine Nanga à Garoua-Boulaï. Les mesures de sécurité dont la grande partie est déjà prise permettront de réduire les agressions enregistrées dans le département du Lom et Djérem en général.

  • Par Charly Mempouri et Junior Nguélé
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