Crise au Venezuela: Guaido accueilli en héros à son retour

L'opposant au régime de Maduro a lancé un nouvel appel à manifester pour samedi

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Le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido a été accueilli par des milliers de supporteurs pour son retour dans le pays, le 4 mars 2019. — Eduardo Verdugo/AP/SIPA

Devant des milliers de supporteurs, il s’est hissé sur un échafaudage pour mieux saluer la foule, telle une rockstar. « Samedi on continue ! Tout le Venezuela se retrouvera dans la rue. Nous ne resterons pas tranquilles (…) tant que nous n’aurons pas retrouvé la liberté », a lancé Juan Guaido, de retour au Venezuela après avoir passé 10 jours passés dans des pays voisins pour tenter de renforcer sa légitimité politique face à Nicolas Maduro.

Juan Guaido, président autoproclamé reconnu par une cinquantaine de pays, avait quitté clandestinement le pays il y a une dizaine de jours pour se rendre en Colombie. Arrivé lundi à la mi-journée à l’aéroport de Caracas, il a été accueilli par ses partisans et un comité d’ambassadeurs européens et latino-américains venus garantir sa sécurité, a expliqué le représentant de la France Romain Nadal.

« Nous connaissons les risques que nous courons, ça ne nous a jamais retenus : nous sommes ici, plus forts que jamais ! » a défié M. Guaido avant de sortir de l’aérogare en costume sombre et chemise blanche, tout sourire, debout sur le toit d’une voiture, tandis que la foule scandait son nom, « Guaido ! Guaido », et « Si se puede ! », reprenant le fameux slogan des campagnes de Barack Obama « Oui c’est possible ».

« Réaction rapide »

Au moment même où son avion se posait à Caracas, le vice-président américain Mike Pence promettait à Washington une « réaction rapide » en cas de « menaces, violences ou intimidations » contre l’opposant de 35 ans.

Juan Guaido a galvanisé la foule qui l’attendait à Caracas en déclarant, bras levés au côté de son épouse : « Vous avez devant vous le président de la République du Venezuela ! » « Malgré les menaces des groupes armés (…) nous voici, plus forts que jamais ! » a-t-il répété en appelant à « rester mobilisés dans toutes les rues du Venezuela ». « Les fonctionnaires de l’immigration m’ont accueilli en disant,  »Bienvenue président » », a-t-il affirmé. Mais « nous avons affaire à une dictature qui ne va pas céder volontairement le pouvoir, il faut continuer de faire pression ». Des rassemblements similaires se sont tenus dans les principales villes du pays, en congé pour cause de carnaval, sans aucun incident notable.

« Maintenir l’élan »

Pour l’analyste Luis Vicente Leon, joint par l’AFP, le retour de Guaido était « indispensable pour maintenir l’élan et son leadership sur l’opposition ». En outre, le fait que « le gouvernement l’ait laissé faire sans intervenir (…) peut laisser présager le début d’une négociation locale et nternationale ».

Juan Guaidó a renouvelé son appel aux forces armées, principal soutien du gouvernement, à le rejoindre. A ce jour environ, 700 militaires ont fait défection vers la Colombie et le Brésil, sans faire basculer l’armée de 350.000 hommes.

« Nous allons insister pour que l’aide humanitaire arrive dans ce pays », a également promis le chef de l’opposition. C’est précisément pour forcer le passage de ces convois de vivres et de médicaments bloqués à la frontière colombienne, et dont manque cruellement le pays confronté aux pénuries et à une hyperinflation à huit chiffres, qu’il avait bravé son interdiction de quitter le pays. Théoriquement, M. Guaido, en tant que président de l’Assemblée nationale, bénéficie de l’immunité parlementaire, mais il fait l’objet d’une enquête pour « usurpation ». Le président Maduro a répété ces derniers jours qu’en tant que chef du Parlement, son rival devait « respecter la loi » et que s’il rentrait au pays, il devrait « rendre des comptes à la justice ».

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