Filière Poisson: Congelcam en flagrant délit d’augmentation illégale des prix

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Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga, convoque le président-directeur général de cette entreprise, à une réunion de concertation qu’il va lui-même présider ce 20 mars 2019 à Yaoundé.

Congelcam, l’entreprise qui contrôle 80% du secteur du poisson au Cameroun, est interpellée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Dans une note servie à l’entreprise le 15 mars 2019, le ministre du Commerce convie le président-directeur général de cette entreprise, à se faire représenter à une réunion de concertation que le ministre va lui-même présider le 20 mars 2019 à Yaoundé. Le sujet qui sera en débat concerne la «flambée des prix du poisson sur le marché». En effet, depuis plusieurs semaines, les ménagères ont constaté une hausse du prix du poisson en catimini sur le marché. Le coût par exemple du maquereau, très prisé par les couches peu nanties, a grimpé de 1 500 à 2 000Fcfa dans certaines poissonneries.

Congelcam ne sait pas encore prononcer sur la question. Selon Luc Magloire Mbarga Atangana, cette inflation du prix du poisson peut occasionner des «risques de perturbation de l’ordre social» au Cameroun. Les dernières données produites par l’Institut national de la statistique (Ins) montrent que les quantités de poissons surgelés importées par le Cameroun en 2017, se situent à 181 678 tonnes pour une valeur de 114,3 milliards Fcfa. Les opérateurs impliqués dans l’importation de ces poissons surgelés au Cameroun, s’approvisionnent principalement à hauteur de 50,6% sur le marché africain (Mauritanie, Sénégal), 12,9% en Europe (Irlande) et 19,6% en Asie (Chine).

Opérations de pêche illicites

Selon le ministre camerounais de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le Dr Taïga, la production halieutique dans le pays a été constante au cours de la période 2011-2016. Concrètement, souligne-t-il, cette production a atteint 285 000 tonnes en 2016, alors qu’elle culminait à seulement 205 000 tonnes en 2011. Cette augmentation, que l’on peut attribuer au développement de l’aquaculture, est cependant rendue moins importante par l’emprise des pêcheurs étrangers sur ce secteur, lesquels exportent souvent une bonne partie de leur production, après des opérations de pêche parfois illicites sur les côtes camerounaises. Cette réalité fait en sorte que, malgré son potentiel, le Cameroun demeure un importateur net de produits halieutiques, notamment de poissons, produit pour lequel les importateurs locaux expatrient officiellement environ 100 milliards de Fcfa chaque année.

Evoquant les contraintes liées à la production de poisson, le ministre des Pêches fait savoir que la pénurie des ressources halieutiques du fait de la position géographique du Cameroun et de l’absence des courants fertilisateurs, entraînant ainsi une faible disponibilité de la ressource et partant, une affluence relative des investisseurs dans ce secteur d’activités. Relativement à l’aquaculture, elle demeure artisanale en raison de la qualité approximative des intrants, des difficultés de commercialisation de la production et du déficit de qualification des ressources humaines. Afin de réduire la dépendance du Cameroun en poisson importé, le gouvernement entend accélérer la vulgarisation à large échelle des techniques de l’aquaculture et réorganiser les structures d’encadrement de pêche, notamment les stations aquacoles, les centres de pêche et les postes de contrôle de pêche.

Il est également prévu la construction de points de débarquement aménagés comprenant des dispositifs de conservation et de commercialisation des produits de la pêche et l’installation des nationaux dans les zones de pêche.

  • Par Sylvain Andzongo
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