Stratégie de communication: Les réseaux Kamto au scanner

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Entre le noyautage de certaines rédactions ou l’utilisation des réseaux sociaux, Maurice Kamto n’a pas fait dans la dentelle pour faire passer son message insurrectionnel. Ses réseaux acoquinés à ceux du G11 ne lésinent plus sur aucun moyen pour mettre en difficulté le régime de Paul Biya.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la communication était au cœur de la stratégie du Pr. Maurice Kamto pour déloger le président élu Paul Biya du palais de l’Unité. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on a été un très proche des leaders du G11. Maurice Kamto doit quelque chose de fondamental à Jean Marie AtanganaMebara et autres Marafa Hamidou Yaya. Conscient que ces derniers ont échoué dans leur tentative de « chasser » Paul Biya du pouvoir en 2011. On peut aisément comprendre que Maurice Kamto n’ait pas hésité d’expérimenter la formule magique en matière de communication pour bouter Paul Biya hors d’Etoudi. C’est ainsi que Kamto et ses hommes ont largement infiltré des milieux de la presse pour les soutenir dans leur conquête obstinée du pouvoir. Certains médias vont ainsi jouer un rôle actif dans la promotion du tribalisme et de l’image du Pr. Kamto. De quelle presse s’agit-elle ? Il suffit de faire un tour dans les kiosques, vous n’aurez aucune peine à identifier ces journaux qui font l’apologie des faits et gestes de Maurice Kamto et sa bande d’illuminés fanatisés.

Tirant sans doute la leçon de l’échec de Marafa Hamidou Yaya à succéder à Paul Biya en 2011, Maurice Kamto qui faisait déjà partie des soutiens de Marafa dans son ambition de prendre le pouvoir en 2011 et qui se veut désormais le chantre de l’alternance au Cameroun se L met sur orbite. Entrée au gouvernement en décembre 2004, il démissionne avec fracas en novembre 2011. Dans la foulée, il adhère au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) que dirige alors le Pr. Alain Fogue qui lui laisse finalement les rênes du parti courant 2012. Il annonce aussitôt son intention de se présenter à la présidentielle de 2018 avec pour leitmotiv, « moderniser le Cameroun dans une République nouvelle ». Ici, on note chez le nouveau président du Mrc la volonté manifeste de quadriller le terrain. Systématiquement, il travaille à l’implantation de ce parti sur le terrain au point où, malgré sa jeunesse, il réussit à placer un député à l’Assemblée nationale. Le parti multiplie les coups d’éclats tant il est vrai que les autorités administratives semblent avoir tendance à céder aux provocations de ce parti qui s’exprime sur toutes les affaires qui rythment la vie nationale, généralement au mépris de la loi. Ses manifestations sont parfois interdites, parfois dispersées pour faute d’autorisation. Et ça fait le buzz dans une certaine presse déjà aux ordres.

Articles au vitriol

Outil essentiel de propagande politique, les antiBiya n’hésitent pas à recruter dans la presse locale et même dans la société civile. Ici, le casting est savamment peaufiné.

Les « recrues » écument les plateaux de télévision et de radio à longueur de journée, lorsque ce ne sont pas des articles au vitriol qu’ils publient dans certains médias écrits. Il est question ici de peindre en noir le régime de Yaoundé. Dès que le Pr. Mathias Eric Owona Nguini a commencé à critiquer quelques prises de position des opposants, certains plumitifs qui l’adulaient hier le regardent aujourd’hui avec des yeux de hiboux. Il y a aussi ces médias extérieurs qui surfent sur la même vague du ternissement de l’image du Cameroun et du régime de Paul Biya. Dans cette catégorie on peut citer Rfi et son pendant à la télévision France 24, Jeune Afrique ou encore le site internet Médiapart.

La dernière race est à chercher au niveau des lanceurs d’alerte qui se sont installés durablement sur la toile. Boris Bertolt en est le leader autoproclamé. Doctorant en histoire à l’université de Yaoundé 1 au Cameroun, il était alors également journaliste au service politique du quotidien Mutations, après avoir travaillé pour la rédaction du quotidien Le Jour. Aujourd’hui en France, il dit faire des recherches sur les questions migratoires, de citoyenneté, d’ethnicité, de race et d’identités. L’ancien de Mutations fait donc partie de ces communicateurs aux ordres des anti-Biya ayant estimé qu’ils ne pouvaient plus communiquer sur place et qui ont tout simplement choisi la voie de l’exil. On peut même subodorer que ce sont ces anti-Biya qui ont financé leur départ du Cameroun et qui les mettrait aux petits soins dans leurs pays d’accueil. Et pour continuer leur travail, ce sont ces ennemis de l’intérieur qui leur fournissent les documents mêmes les plus confidentiels qu’ils balancent sans état d’âme sur la toile. La mission est claire : faire feu de tout bois pour ternir l’image du régime chaque fois que l’occasion se présente. Catastrophe ferroviaire d’Eséka, c’est Paul Biya. On retire l’organisation de la Can au Cameroun, c’est Paul Biya. Juste un cran au-dessus de Boris Bertolt, mais dans le même registre, J. Remy Ngono. Exilé en France depuis quelques années, il fait partie de ceux qui en veulent énormément au régime Biya. Il devrait avoir ses raisons. S’il ne travaille pas directement pour Kamto, ce dernier bénéficie de ces publications contre le régime. Ce qui le classe inéluctablement du côté de ceux-là qui de l’extérieur ne font que ternir l’image du Cameroun. Tout en espérant faire exploser la République, ces exilés espèrent qu’ils auront de bonnes opportunités si le régime venait à tomber.

Sur place au pays, Paul Tchouta, surnommé le Tgv de l’info ne fait pas dans la dentelle. Relais attitré du Mrc dont il semble détenir la carte de membre, il se charge de balancer dans les différents foras auxquels il participe tout ce qui a trait à l’activité du Mrc et de ses leaders. Parfois avec un brin d’arrogance au point où ces derniers jours, il est menacé d’exclusion de tous les foras auxquels il participe activement. Mais l’homme ne se laisse pas faire. C’est dire que sa mission est fortement rétribuée. De quoi relayer au second plan, Mathieu Youbi, un de ses illustres devanciers dans la cyberactivité des pro-Kamto et la promotion du tribalisme. Tous ces lanceurs d’alerte n’ont pas fait dans la dentelle pour donner des insomnies aux tenants du pouvoir.

  • Par Charles Nwé
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