Ajustement Structurel: Satisfecit à l’issue de la 4è revue du programme avec le FMI

0
169
TCL TV

Corinne Deléchat, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) a annoncé le 3 mai dernier à Yaoundé que, le Cameroun pourrait bénéficier d’un cinquième décaissement d’environ 76.5 millions de dollars (près de 45 milliards de FCFA).

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Corinne Deléchat, a séjourné à Yaoundé du 23 avril au 3 mai 2019 afin de mener les entretiens concernant la quatrième revue du programme appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) qui a été approuvé en juin 2017. À l’issue de la mission, a indiqué Mme Deléchat, l’équipe du FMI est parvenue à un accord avec les autorités en ce qui concerne les mesures économiques et financières qui pourraient favoriser l’approbation de la quatrième revue de leur programme sur trois ans au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). Le conseil d’administration du FMI pourrait procéder à cette quatrième revue fin juin 2019. L’achèvement de la quatrième revue permettrait de procéder à un cinquième décaissement d’environ 76.5 millions de dollars (près de 45 milliards de FCFA).

Il a été recommandé aux autorités camerounaises d’ajuster le budget 2019 de manière à tenir compte de la hausse des recettes attendues et à incorporer pleinement les besoins de dépenses liés aux prochaines élections et aux subventions aux carburants, tout en maintenant le déficit global à 2 % du PIB. «Le budget révisé prévoit aussi l’accélération de la mise en œuvre des projets d’investissement financés sur ressources extérieures qui sont en cours sur la base d’un plan de décaissement dont les priorités sont bien établies », a indiqué Corinne Deléchat.

Selon la mission du FMI, la hausse du financement extérieur permettra de reconstituer la marge de manœuvre budgétaire et de payer les arriérés sur dépenses qui se sont accumulés à la fin de 2018. Les autorités camerounaises ont été invitées à continuer de renforcer la transparence et les contrôles en ce qui concerne l’exécution du budget. Le recours aux procédures de dépenses exceptionnelles diminuera et un décret établissant un calendrier budgétaire, y compris une réduction à un mois de la période complémentaire, sera adopté. Les lois transposant les quatre directives restantes de la CEMAC concernant la gestion des finances publiques devront être finalisées.

Au plan général, le FMI pense que les perspectives à moyen terme demeurent favorables : la croissance devrait progressivement augmenter à 4,2 % en 2019 en raison de l’accroissement prévu de la production de pétrole. L’achèvement des projets liés à la CAN 2021 et la mise en exploitation de grands projets d’infrastructures dans les secteurs de l’énergie et du transport devraient porter la croissance du PIB à moyen terme à environ 5-5 ½ %. La consolidation budgétaire sur la période 2019–21, ainsi que le renforcement du rapatriement des devises, favoriseront la reconstitution des réserves de la Beac. Des réformes structurelles visant à accroître l’efficience de l’investissement, à réduire les passifs conditionnels des entreprises publiques et à favoriser le développement du secteur privé contribueront à améliorer les perspectives de croissance à terme.

Toujours d’après le FMI, la croissance économique a atteint 4 % en 2018, contre 3,5 % en 2017, principalement en raison d’une contraction inférieure aux attentes de l’activité dans le secteur du pétrole et du gaz. L’activité hors secteur du pétrole est restée robuste en 2018, à 4,4 %, portée par les projets liés à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), la vigueur de la demande extérieure de produits forestiers et l’expansion des services financiers.

L’inflation demeure faible, mais est orientée à la hausse, de 0,8 % en 2017 à 2,3 % en mars 2019 (sur un an), principalement en raison de l’augmentation des prix de l’alimentation et avec des variations considérables selon les régions. L’exécution du budget en 2018 a été globalement conforme au programme, mais les recettes et les dépenses, principalement l’investissement public, ont été plus élevées que prévu.

Facebook Comments