BELLO BOUBA MAIGARI: Sabotages des intérêts économiques américains

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Bello Bouba Maigari - Ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul)
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Le gouvernement des Etats-Unis est exaspéré par les blocages contre l’achèvement des chantiers de Prime Potomac orchestré par le ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul).

Ce n’est pas la saison des grands amours entre Yaoundé et Washington. Un climat qui découle, des actes de sabotages des intérêts économiques américains par des membres du gouvernement camerounais. Les Etats-Unis mettent davantage en épingle la mafia d’Etat déclenchée contre l’entreprise américaine Prime Potomac, adjudicataire de certains marchés de la coupe d’Afrique des nations (Can) dans la ville de Garoua. Dans diverses notes diplomatiques, le ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintoul) est présenté comme le sanctuaire des attaques contre leurs intérêts économiques. Depuis quelques jours, on observe une reprise des travaux de construction de l’hôtel des Sports d’une capacité de 100 chambres et de rénovation de l’hôtel la Bénoué, à Garoua.

L’arrêt des travaux intervenu simultanément dans les deux chantiers en décembre 2018 était dû à un refus de paiement des décomptes sollicités à l’entreprise adjudicataire, Prime Potomac, par le Mintoul, en qualité de maître d’ouvrage. Six mois après, si le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) a cru devoir délier les cordons de la bourse pour la reprise des travaux dans les chantiers des quatre stades d’entraînement attribués à Prime Potomac, le ministre d’Etat Bello Bouba Maigari n’a pas changé d’avis. Loin d’avoir réussi son projet de retrait des marchés des deux hôtels, son nouvel agenda se résumerait désormais à bloquer continuellement l’achèvement des travaux.

Dissiper tous les nuages

Les manœuvres de Bello Bouba Maigari sont pourtant bien connues au sommet de l’Etat. Y compris du chef de l’Etat qui a dû recevoir sur sa table une série de récriminations des Américains contre Bouba Bello Maigari. L’on se souvient que le lundi 18 mars dernier, en quittant le Palais de l’Unité au terme d’une audience avec le président Paul Biya, le sous-secrétaire américain aux affaires africaines, Tibor Nagy avait exprimé la volonté du Cameroun et de son pays, les Etats-Unis, à poursuivre la coopération notamment au plan commercial. Affirmant que les relations entre les deux pays sont très bonnes, sans toutefois dissiper tous les nuages qui ont obscurci l’horizon au cours des derniers mois et jours du fait des acteurs œuvrant dans l’ombre pour détériorer les relations entre les Etats-Unis et le Cameroun. On pouvait aisément croire que le cas Bello Bouba avait été invoqué lors de ces échanges en haut lieu.

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Le fait de voir ce dernier poursuivre impunément son massacre n’est pas pour plaire à l’administration américaine. De quoi soupçonner les hautes autorités camerounaises de complaisance contre «l’ennemi des intérêts économiques des EtatsUnis». Pourtant, de la Primature à la présidence de la République, une batterie de procédures a été mise en œuvre pour donner satisfaction aux réclamations de Prime Potomac, mais sans toutefois faire plier le membre du gouvernement manifestement en rébellion ouverte. Par exemple dans une lettre du 11 mars 2019, le secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr), donne instruction au Mintoul, maître d’ouvrage des projets hôteliers à Garoua, de permettre à Prime Potomac d’achever les travaux de gros œuvre relatifs à la construction d’un hôtel de 100 chambres et la réhabilitation de l’hôtel Bénoué. Le Sgpr indique au Montoul qu’il est libre de créer une régie exceptionnelle mais, l’essentiel étant de permettre à l’entreprise de rentrer en possession d’un montant de 1,3 milliard de Fcfa.

Peu satisfait de l’instruction présidentielle, Bello Bouba Maigari, qui espérait le retrait pur et simple des marchés de Garoua à Prime Potomac, revient à la charge en adressant une nouvelle correspondance au Sgpr, le 13 mars 2019. Il propose que les avances exceptionnelles de 1,3 milliards autorisés par la présidence de la République, soient domiciliées à la trésorerie générale de Garoua. Une équipe de fonctionnaires est mise sur pied pour constituer la régie exceptionnelle. Un subterfuge qui a tourné au fiasco en défaveur du Mintoul certes, mais sans le mettre hors du jeu.

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