DÉCONGESTION PORTUAIRE: 25 épaves enlevées au Port de Douala

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L’opération d’enlèvement des épaves de navires, engagée le 4 juin 2018 par le Port autonome de Douala (PAD), affiche ses premiers résultats.

À la date du 7 mai, l’autorité portuaire informe que 25 épaves, sur les 80 qui jonchent les quais, les plans d’eau et les darses, ont déjà été enlevées. L’opération est menée par l’entreprise italienne Bonifacio. Les travaux prévoient la récupération des épaves, leur dépeçage, le tri des matériaux qui les composent et la récupération de la ferraille pour la revente. Bonifacio effectue cette mission pour un montant de 4,7 milliards de FCFA.

Selon le Cyrus Ngo’o, le directeur général (DG) du PAD, « l’opération d’enlèvement des épaves non seulement libère plusieurs quais, mais change peu à peu le visage du port de Douala-Bonabéri». En effet, à en croire Cyrus Ngo’o, l’accumulation des épaves de navires pendant plus de trois décennies, «affecte 30 % de l’exploitation portuaire, en termes de sécurité à la navigation, de capacité d’accueil et de mise en œuvre des services divers».

Selon le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, l’enlèvement de ce premier lot de 25 épaves est « une action forte et significative de la nouvelle dynamique en cours d’implémentation » au sein de l’entreprise qu’il dirige. Cette opération est surtout une étape importante dans la fluidification des activités au port de Douala, infrastructure dont les capacités de traitement des marchandises sont aujourd’hui dépassées.

En effet, conçu pour traiter 7 millions de tonnes de marchandises au départ, le port de Douala traite, depuis quelques années, en moyenne 10 millions de tonnes de marchandises par an. A cette pression du trafic, vient s’ajouter la prolifération des épaves qui sont nocives à la navigation, dans la mesure où elles augmentent les risques d’accident et, surtout, obstruent le chenal du port, induisant la multiplication des opérations de dragage qui sont très coûteuses, expliquent les responsables du PAD.

Les épaves sont aussi dangereuses pour l’environnement, d’autant plus qu’elles peuvent être polluantes, ou alors renfermer des hydrocarbures pouvant être déversés dans l’eau. Dans le même temps, elles induisent des pertes économiques importantes dans l’exploitation du port.

En effet, explique un cadre du Port autonome de Douala, en plus « des coûts générés par les opérations liées à l’enlèvement des épaves, il faut y associer les pertes liées à l’inexploitation des pans entiers des plans d’eau, des quais et des darses occupés par des épaves. A titre d’illustration

[au port de Douala]

les quais d’attache des bateaux de la Marine nationale sont inexploitables et leurs engins ont été amarrés au poste 11 [quai commercial], entraînant une perte annuelle estimée à 1,2 milliard FCFA. Ces navires occupent ce poste depuis bientôt cinq ans ».

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