FERDINAND NGOH NGOH : Le cauchemar des félons

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE: Comprendre le carnage contre le SGPR

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Le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, est la cible permanente des assauts des ambitieux du camp présidentiel rongés par les convoitises du pouvoir comme des ennemis de Paul Biya, qui œuvrent pour l’effondrement de son régime.

Révolue l’époque des ambitions non assumées pour le fauteuil présidentiel. Aujourd’hui, dans son propre camp, on convoite sans complexe le pouvoir de Paul Biya. Et les ambitieux semblent prêts à tout pour se hisser au sommet de l’Etat. Tout comme ils sont manifestement résolus à ne reculer devant rien pour provoquer la chute de l’actuel régime. Il y a quelques semaines, après avoir publié son plan de vol, les traîtres du camp présidentiel ont poussé le bouchon loin en divulguant la liste des membres de sa sécurité rapprochée devant l’accompagner à un séjour en Suisse, la nature de leurs armes, le nombre de munitions de chacun, etc. Des fuites savamment orchestrées qui ont obligé le chef de l’Etat à reporter à chaque fois son voyage. Dans un contexte de fin de règne pour d’aucuns, malheur à celui qui occupe le poste névralgique de secrétaire général de la présidence de la République. Car de peur de s’attaquer directement au président de la République, on se défausse sur son principal collaborateur. Son verrou. Qu’on peut alors rendre responsable de tous les maux qui minent le pays, de tous les problèmes de gouvernance, etc. Et il faut avoir le cuir épais comme Ferdinand Ngoh Ngoh pour résister aux multiples assauts des bras armés de ces deux camps qui agissent en véritables snipers. Qui sont même allés jusqu’attenter à la vie du ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République au cours d’un raid dans sa résidence de Nyom la nuit du 11 août 2018. A défaut de l’atteindre physiquement, on monte en épingle toutes sortes de faux scandales.

Le dernier en date est lié à ce décret présidentiel accordant une délégation permanente de signature à Ferdinand Ngoh Ngoh. La pratique a beau ne pas être l’apanage du Cameroun et constituer un privilège accordé à tous les Sg/Pr depuis le magistère d’Ahmadou Ahidjo, rien n’y fait. Comme il s’agit de Ferdinand Ngoh Ngoh, une pratique courante devient une affaire d’Etat. Le scandale le plus retentissant de ce début de septennat. C’est du moins ce que soutient par exemple Jean Robert Wafo du Sdf: « La polémique sur la délégation permanente de signature a été hautement utile pour la République puisqu’elle nous a permis de faire connaissance de l’article 3 dudit décret qui est potentiellement explosif dans le fonctionnement de la hiérarchie de l’État et évidemment en cas de vacances non officielles du pouvoir.

Sapeurs-pompiers

Quelle est cette administration où c’est le collaborateur qui discrimine lui-même les affaires qu’il estime opportun de réserver à la signature de son patron et non l’inverse? Les apprentis sapeurs-pompiers auraient mieux fait de rester calmes plutôt que d’exhumer les différents décrets relatifs à la délégation permanente de signature. C’est extrêmement grave. Plus grave qu’avant la publication de l’entièreté dudit décret.» Ceux qui ont exhumé ce décret sont guidés par la volonté d’instrumentaliser l’opinion publique en lui faisant croire que « le véritable président de la République du Cameroun est le secrétaire général de la présidence de la République en fonction.»

Ce dernier hante tellement les ambitieux du camp présidentiel et ceux qui manœuvrent inlassablement pour l’effondrement du pouvoir de Paul Biya qu’il est devenu leur cible permanente. Il y a quelques semaines, ils ont vu la main de Ferdinand Ngoh Ngoh derrière l’interpellation et l’emprisonnement de Edgar Alain Mebe Ngo’o. Or, rappelle une source, « tous ceux qui suivent de près l’opération Epervier savent bien que le président de la République est son principal pilote. Surtout quand il s’agit d’un ancien directeur du cabinet civil, délégué général à la Sûreté nationale et ministre délégué à la présidence chargé de la Défense. Paul Biya ne peut laisser le soin à un collaborateur, fut-il le plus proche, de décider du sort d’une telle personnalité», souffle un membre influent du sérail.

Qui réfute également l’hypothèse que le gouvernement du 4 janvier 2019 a été en réalité formé par le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. Comme toute machination est loin d’être parfaite, les mêmes ayant injecté cette idée au sein de l’opinion soutiendront plus tard, au risque de se contredire, que Paul Biya a roulé les Occidentaux dans la farine, eux à qui le président de la République aurait fait la promesse au sortir de l’élection présidentielle du 7 octobre de se séparer de tous les vieux caciques de son camp. A la veille de la formation de l’actuel gouvernement, les félons tapis dans le camp présidentiel et jamais à court de manœuvres souterraines agitent de prétendues malversations dans les projets de la Can dans l’espoir d’obtenir la tête de Ferdinand Ngoh Ngoh, présenté comme le cœur du scandale.

Ce qu’ils ignorent, c’est que chaque projet, avant l’attribution du marché à l’entreprise adjudicataire, a reçu l’accord du président de la République. C’est dans ce contexte que des liens de collusions imaginaires lui sont prêtés avec le constructeur américain d’origine camerounaise Ben Modo. L’attribution de certains marchés de la Can à Garoua à Prime Potomac est brandie comme preuve contre lui par ses détracteurs que les visites de chantiers de l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun à Garoua et les démentis de Ben Modo n’ont pas découragé. A preuve, les travaux ont subi un arrêt de cinq mois du fait de certains membres du gouvernement qui ont multiplié des blocages administratifs tantôt pour le retrait des marchés à Prime Potomac à tantôt pour en empêcher la livraison.

Comme pour montrer qu’il connaît parfaitement ses collaborateurs, en janvier 2019, Paul Biya a fait du plus proche d’entre eux ministre d’Etat. Une victoire pour Ferdinand Ngoh Ngoh, qui s’est juré fidélité et loyauté à son patron.

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