HOMMAGE: Il était une fois Martin Belinga Eboutou – Par Sismondi Barlev Bidjocka

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Venu au monde le 17 février 1940, il est décédé hier 08 mai 2019 à l’âge de 79 ans

Albert Pine a dit: «ce que nous faisons pour nous même disparaît avec nous. Ce que nous faisons pour les autres et le monde est immortel et demeure.» L’homme que je vous présente ici est un homme public qui a passé sa vie à penser au bonheur des autres, au service de la nation dans le cadre de son travail. Pourtant, du fond des abimes, j’entends monter des trémolos d’un bruit de haine à la fois assourdissant et confus. Depuis des profondeurs, Ils charrient tout au passage, les vents d’ailleurs soufflant des rafales destructeurs, comme un magma brulant, transformant tout en paysage aride! L’environnement de verdure et de rêve auparavant irrésistible, s’est transformé en champs de cauchemar! Ainsi agit la rumeur, capable de faire d’un homme généreux, gentil, prévenant, et avenant, un monstre populaire aux yeux de tous; capable de faire d’une étendue verdoyante, un paysage sec et hostile. Pourtant stoïque, Belinga Eboutou Martin a appliqué la sagesse africaine qui suggère que: « Ceux qui sont destinés à devenir grands sont caractérisés par la patience, ils sont forgés par les épreuves. Leurs racines se fortifient dans le secret. Le silence les construit et ils apprennent dans l’humilité, souvent même dans l’humiliation. Mais quand vient leurs temps, ils sortent non pas comme des lionceaux mais comme des lions»!

Belinga Eboutou C’est un homme au cœur pur sans haine ! C’est un homme vrai, pourvu qu’on consente à connaitre le vrai: des enfants malades, il a secouru ! Des nécessiteux, il a aidé! Aux croyants il a offert des chapelles ; des malades, il a contribué au traitement ; Aux étudiants qui venaient le voir il offrait la scolarité! Cette année 2015, il a sorti de nombreuses Camerounaises de l’esclavage sexuel et domestique au Liban. En voyage au Canada entre juillet et aout 2015, j’apprends qu’une dizaine de jeunes Camerounaises sont en situation d’esclavage sexuel et domestique au Liban! Cameroon Tribune en fait d’ailleurs tout un dossier.

Tournedos

Le ministre Belinga va mettre tout en œuvre pour les faire revenir, et surtout il leur offre de quoi se réinsérer économiquement. Il n’y était pas obligé, mais il l’a fait de bon cœur. Justement Muhammad Ali a dit «si le cœur de l’homme n’est pas pur, l’homme ne peut être grand. Plus le temps passe, plus les choses matérielles se dévaluent, alors que les actions du cœur s’approfondissent et se renforcent avec l’âge et la sagesse. Le cœur est résistant, il peut être déchiré et recousu, il peut être brisé et réparé. Il peut chuter et s’élever à nouveau. Ce qui nous donne le courage de lutter pour une juste cause, de rester ferme face à l’adversité, d’encaisser les coups du sort? Ce qui nous donne la volonté d’endurer? C’est le cœur.» Martin Belinga Eboutou c’est un homme public qui a passé plus de trente années dans la haute administration, et donc une personnalité revêtue d’une partie de l’autorité. Il est donc comme tout homme public la cible des jugements divers ! Ses gestes sont épiés, ses actes sont interprétés, ses paroles scannées, et chacun y va de sa conviction: sur le trottoir de gauche «on dit que», à la terrasse du bar de Mvog Ada «On dit aussi que», et au tournedos d’Essos «On dit que». Quelqu’un a dit «les grands hommes ne se plaignent pas, ils vivent leur douleur, portent leur fardeau en en secret, puis disparaissent dans le silence».

Martin Belinga Eboutou. Que n’a-t-on pas dit de cette personnalité? Tout! Oui tout a été dit au point qu’il s’est résolu à penser comme Eleanor Roosevelt «Tu dois accepter tout ce qui arrive, et la seule chose importante est d’y faire face avec courage et avec le meilleur que tu as à offrir.» le bonheur de Belinga, il ne le trouve que dans le bien qu’il fait aux autres! Et comme le disait Helen Keller, «de nombreuses personnes se font une fausse idée du bonheur. On ne l’atteint pas en satisfaisant ses désirs, mais en se vouant à un but louable.» C’est certainement après sa mort que les gens consentiront enfin à mesurer toute l’humanité qui a habité cet homme! Un proverbe arabe le dit, «la patience est un arbre dont les racines sont amères mais dont les fruits sont très doux.» Belinga Eboutou Martin n’est pas un saint, mais un homme positif et humain. Pour lui, il faut se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant, parce que le monde appartient à celui qui ose «bavardage est écume sur l’eau, action est goutte d’or»!

Capacité

Voilà pourquoi face à toutes les rumeurs, il n’accorde que mépris ! Khalil Gibran a dit, «De même que la valeur de la vie n’est pas en sa surface mais dans ses profondeurs, les choses vues ne sont pas dans leur écorce mais dans leur noyau et les hommes ne sont pas dans leur visage mais dans leur cœur.» Pour connaitre Martin Belinga Eboutou, j’ai lu dans son cœur qui se reflétait dans ses actes. Face à la rumeur furieuse, Belinga Eboutou Martin cite souvent Mandela pour tenir: «Les gens apprennent à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.» De son vivant, une légende, une icône, un mythe.

Plus que la politique, Belinga incarne la capacité rare de certains hommes à écrire l’histoire, à en guider le cours pour le faire basculer. Autour d’un but premier: abolir les injustices, établir une société d’équité, il me dit souvent que le président Biya lui demandait tous les jours «Pourquoi tu traines tout le temps avec tout le monde?» et lui de répondre au président «si nous pouvons sauver une personne de plus, faisons-le». Belinga Eboutou prône le pardon en permanence, une vie colossale, herculéenne, au service des droits de l’homme qu’il a servis avec un acharnement puis une obstination sereine qui devraient même forcer le respect de ceux qui, dandys réacs vivant en démocratie, les considèrent comme une idéologie débilitante.

Mais l’homme est ainsi: pour mieux décrypter la psyché de ses juges et de ses matons, pour ébranler les certitudes qui les aveuglent, il a appris à aimer tout le monde, y compris ceux-là qui lui jetait la fange au visage. Belinga Eboutou, Ses partisans ont vu en lui un homme chaleureux, généreux, «toujours attentif aux autres». Ses adversaires l’ont décrit comme « versatile. C’est un homme bien que le Cameroun vient de perdre. Refermons cet hommage avec cette déclaration de monseigneur Christian Tumi «ce que je retiens de Martin Belinga Eboutou, c’est sa vie chrétienne sincère. C’est un homme qui n’a vécu que dans la crainte de Dieu, il a même construit une petite chapelle à son domicile, où il partage ses prières avec les gens, il a construit une grande chapelle dans son village, la chapelle Jean Paul II.»

Et il ajoute: « Si vous ne l’avez pas rencontré, vous ne pouvez savoir qui il est vraiment. Comme homme politique, je dirai que c’est un vrai médiateur social. J’ai rarement vu des hommes politiques de ce niveau avoir le souci de leur prochain. Belinga Martin lui ne vit que pour aider les gens. C’est le seul homme politique que je connaisse dont les actes sont posés dans la crainte véritable de Dieu, et il a du respect pour tout le monde. C’est dommage que les Camerounais ne le connaissent pas réellement. Il a certainement son côté sombre comme nous tous, mais je doute qu’il fasse pire que certains.»

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