Liberté de Presse: Le gouvernement dénonce les rapports sur le Cameroun

0
163
TCL TV

Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi s’est exprimé sur les récentes allégations de Reporters sans frontières, Human Riht Wach et Intertational Crisis Group.

Le rapport 2019 de Reporters sans frontières (Rsf) sur la liberté de la presse classe le Cameroun 131e sur 180 pays, soit deux points en moins comparé à l’année 2018. Ce qui constitue une reculade, si l’on considère en plus que ce rapport classe le Cameroun parmi les 15 pays qui répriment le plus la presse au monde. La détention «arbitraire» d’Amadou Vamoulke, journaliste et ancien directeur général de la Crtv et non moins tout premier président de l’Union des journalistes du Cameroun (Ujc), n’est pas en reste des arguments de Rsf, qui demande par ailleurs sa libération. Toutes choses qui ne semblent pas plaire au gouvernement camerounais, qui s’en est offusqué, par la sortie de son porte-parole René Emmanuel Sadi. Il s’est agi pour le ministre de la Communication (Mincom) d’apporter la contradiction à ces «accusations fausses, tout à fait arbitraires, et ne reposant sur rien au regard de la réalité camerounaise». René Emmanuel Sadi a fait savoir qu’il existe «plus de 600 organes de presse enregistrés et paraissant selon des périodicités diverses, près de 200 stations de radiodiffusion sonores, une trentaine de radiodiffusions et de télévisions, 154 opérateurs de télédistribution, et un nombre considérable de médias cybernétiques». Il parle même d’un «grand bond» quantitatif «en avant».

Bonne facture

Le ministre de la Communication est cependant resté prudent, sinon très dubitatif sur la qualité de la presse camerounaise en parlant «des prestations de bonne facture», sans pour autant trop se répandre sur ce qu’il a luimême taxé de «presse poubelle, avec ses tares et ses insuffisances», qui ne serait pas l’apanage du seul Cameroun, dont «la presse a énormément évolué». René Emmanuel Sadi a rappelé sa propre expérience d’une certaine presse, non pas à la solde du gouvernement mais plutôt d’autres pouvoirs, qui en perfusent au gré de leurs intérêts, les contenus éditoriaux.

«Il n’y a pas de journaliste emprisonné au Cameroun, du fait de l’exercice de son métier», dit-il. Pour davantage apporter la contradiction à Rsf, René Emmanuel Sadi a fini par questionner en ces termes, la crédibilité de la classification rendue publique par cette Ong: «qui compose le jury de Rsf, qui se permet de porter des jugements sur les pays? Reporters sans frontières a-t-il l’autorité scientifique pour le faire sur la base des études sérieuses menées?». Le ministre en doute. D’autres, experts du domaine rétorquent que «quelques soient les atteintes faites, non pas à leur droit d’expression, lequel inclus le droit de mentir impudemment, mais leur droit de dire la vérité, quels que soient ceux qui attentent à ce droit, sont blamables.» Avant de relever que ces indices globaux et régionaux sont calculés à partir des scores obtenus par les différents pays.

Facebook Comments