PAUL ATANGA NJI: Le contredit de trop

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Le Minat

La dernière bourde du Minat sera à l’ordre du jour du Conseil de cabinet de demain Jeudi. Alors que le président de la République a mandaté le Premier ministre, Joseph Dion Ngute pour préparer les compatriotes du Sud-ouest et Nord-ouest au dialogue, le ministre de l’Administration territoriale l’a publiquement contrarié.

Au sujet du dialogue dans la crise anglophone, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji vient d’administrer la magistrature de la cacophonie dans la communication des autorités camerounaises. En visite dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ces deux dernières semaines, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute a révélé la disponibilité du président de la République, Paul Biya à discuter avec les séparatistes de tous les sujets, à l’exception de la sécession. Cette déclaration du chef du gouvernement laisse entendre que le pouvoir de Yaoundé n’est pas opposé à débattre de la forme de l’Etat. Pourtant, revenant sur cette visite, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) a fait des déclarations en totale contradiction avec celles de son Premier ministre.

«Le chef de l’Etat est prêt à discuter de tout sauf de la forme de l’Etat», a dit Paul Atanga Nji sur les antennes de la Crtv radio. Mais surtout comme invité de la chaîne de télévision France24. Pour nombre d’observateurs, il n’y aura pas de dialogue autour du fédéralisme. Une sortie qui a redessiné des lignes de fractures et suscité les appréhensions des Etats-Unis au cours du weekend non sans susciter un entretien entre l’ambassadeur de ce pays et le ministre directeur du Cabinet civil représentant le président Paul Biya. Le vendredi 17 mai 2019 en effet, Paul Atanga Nji défendant la position du gouvernement, a une fois de plus soutenu l’idée d’un «Cameroun uni et indivisible, qui cherche à maintenir la paix pour le bien de ses citoyens. C’est un dialogue qui a commencé il y a deux ans. Nous parlerons de tout mais nous ne parlerons pas de la forme de l’État», a déclaré la ministre Atanga.

Jeter de l’huile sur le feu

On ne parlera de dialogue qu’avec ceux qui sont prêts à dialoguer avec le gouvernement, car «nous ne dialoguons pas avec ceux qui ont du sang dans les mains», a déclaré le Minat. Atanga a regretté que ceux qui ont entamé des grèves dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest aient un agenda caché et que certains soient jugés par les tribunaux du pays, qui respectent toutes les normes. Il s’est interrogé sur l’identité des dirigeants anglophones et a demandé qui les avait mandatés. La récente sortie du Minat jette une fois de plus de l’huile sur le feu au moment où le chef de l’Etat travaille à l’apaisement. Notamment avec la récente mission Dion Ngute qui est unanimement considérée comme un succès retentissant. Du coup, beaucoup se demandent si Paul Atanga Nii ne conteste pas à travers sa prise de parole manifestement sans éléments de langage, un complot contre le président de la République et une volonté de ravir le leadership au Premier ministre.

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En tout cas, depuis la soirée du 17 mai, de nombreux Camerounais le pointent comme faisant ouvertement partie de ceux qui ont aggravé l’actuelle crise sécuritaire dans les deux régions du Nordouest et du Sud-ouest. Lui qui a eu dès les premiers moments, la fameuse formule «il n’existe pas de problème anglophone». Un problème qui allait se muer dès le lendemain en crise. En tout cas cette énième sortie du Minat gêne ses collègues du gouvernement. «Les propos d’Atanga Nji sont antérieurs au propos du Premier ministre», a expliqué, un air embarrassé, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona sur les antennes de Canal 2 international le 19 mai. «Le chef du gouvernement a délivré des messages forts envoyés par de chef de l’Etat, c’est ce message qu’il faut retenir», a indiqué, pour dissiper l’imbroglio, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, par ailleurs secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc.

Sans pour autant mettre fin au débat virulent dont certains intervenants dans les réseaux sociaux demandent le départ du gouvernement du Minat.

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