Concept armée –nation: Les prouesses du Bataillon d’intervention rapide (BIR)

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Les éléments du BIR

A Bakassi, depuis 2009, c’est le BIR dit Delta (pour opération delta), un groupement du BIR, qui assure la sécurité et la protection du territoire contre les actes de piraterie, rançonnage et sabotage de tous ordres. Le BIR Delta dispose d’un bâtiment de guerre, des chaloupes et embarcations, desradars, d’un hélicoptère et d’un bateau-hôtel (Rio Del Rey). Il bénéficie également du soutien de l’armée de l’air qui surveille la zone avec deux avions. Les Forces Marines Commando, les nageurs de Combat et le Bataillon Spécial Amphibie aident aussi le BIR dans cette tâche. Le BIR Delta suscite à la fois crainte et fascination des populations.

Par ailleurs, en mai 2014, en réaction à une situation catastrophique face à Boko Haram, un nouvel état-major qui met en place le commandement opérationnel pour le nord du pays est nommé et le BIR est envoyé en renfort aux côtés des unités classiques. Aujourd’hui, c’est avant tout le BIR qui est en première ligne dans l’extrême-nord contre Boko Haram. Jusqu’à une certaine période, Il était appuyé par 300 militaires américains qui désignent avec leurs drones les objectifs à neutraliser.

L’armée camerounaise a divisé la ligne de feu en deux zones. La zone sud est tenue par les hommes du BIR ː c’est le théâtre de l’opération Alpha, commandée en 2017 par Joseph Nouma. La zone nord, théâtre de l’opération Emergence 4, rassemble, outre le BIR, divers corps de l’armée, bataillons d’infanterie mobile, bataillons de fusiliers, bataillons d’artillerie. Le commandement est unique.

Au commencement…

Le bataillon d’intervention rapide (BIR), nommé bataillon léger d’intervention (BLI) de sa création en 1999 jusqu’en 2001, est une unité d’élite, comptant actuellement environ 5 000 hommes, considérée comme la force la mieux équipée et entraînée du Cameroun. Les éléments de ce corps de l’armée sont entraînés et contrôlés depuissa création par d’anciens officiersisraéliens. Aprèsla tentative de coup d’État de 1984, le président camerounais, Paul Biya recrute Abraham Avi Sirvan, un colonel retraité de l’armée israélienne et ancien attaché de défense à l’ambassade d’Israël à Yaoundé pour former les soldats de la garde présidentielle (GP), créée aprèsla dissolution de la garde républicaine. Puis, après la mise en place réussie de la GP, le colonel Sivan, qui a statut de conseiller contractuel à la présidence camerounaise, forme le bataillon léger d’infanterie (BLI) en 1999, chargé de combattre le grand banditisme et de surveiller les frontières. Après la mort d’Abraham Avi Sirvan dans un accident d’hélicoptère le 22 novembre 2010, Mayer Herez, un général à la retraite de l’armée israélienne, lui succède.

Le recrutement du BIR est centralisé à la présidence de la république, contrairement à celui au reste de l’armée, y compris les forces spéciales. Le niveau d’équipement du BIR est très élevé par rapport à celui de l’armée régulière. En revanche, on ne peut pas qualifier le BIR de forces spéciales, eu égard à la taille de ses effectifs par rapport à ceux de l’armée camerounaise. C’est surtout une force armée aux mains du Président de la république. Le BIR a son propre drapeau, marqué du sceau du lion. Le quartier général du BIR à Yaoundé est surnommé Bastos, du nom du quartier où il se trouve.

En 2001 et 2008, il y a trois bataillons d’intervention rapide, un par région militaire interarmes. Chaque bataillon serait alors constitué d’une unité d’intervention de 145 hommes, d’une section de commandement et de soutien spéciaux de 37 hommes, d’une unité spéciale d’intervention de 37 hommes, d’un groupe de commandement et de soutien de 97 hommes et d’un groupe d’intervention léger d’hommes.

Le BIR se déploie sur 4 plans dont, la sécurisation de la presqu’île de Bakassi ; la lutte contre les coupeurs de route et Boko Haram ; une présence de chaque région militaire ; et la sécurité présidentielle. Les missions du BIR se sont largement étendues depuis sa création. Forts de plusieurs milliers d’hommes, d’un matériel de guerre polyvalent (terre, mer et air) et d’un entrainement adéquat, les éléments du BIR occupent à ce jour un rôle de premier plan dans la défense du territoire.

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