Prisonnier politique, pas terroriste

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Zéphirin Koloko- Directeur de Publication de L'Avenir
TCL TV

« L’enfer c’est les autres », disait Jean Paul Sartre. Le personnage qui a diffusé sur les réseaux sociaux une image odieuse de Mamadou Mota, premier vice –Président du Mrc, est rentré chez lui avec le sentiment du devoir accompli. Une pratique barbare perpétrée avec la complicité de certains pontes du régime adeptes de la terreur et de l’horreur. Par cette attitude, on comprend que ceux qui ne pensent pas comme le système sont des ennemis à éliminer. C’est ainsi et pas autre- ment. Et le traitement inhumain de Mota sonne comme une mise en garde à l’endroit de ceux qui ont des têtes plus grandes que celles des autres. Le régime veut ainsi dire que si vous persévérez dans la critique, vous allez être traqué et capturé comme un rat.

Mais question : une opinion, aussi critiquable soit-elle devrait-elle valoir à son auteur d’être humilié et violenté ? Quelqu’un qui n’a jamais pillé ni tué ne mérite pas ça. Une armée ayant le sens de l’honneur a le souci de préserver une bonne réputation. Un soldat professionnel ne haie pas celui qu’il combat. Ce, d’autant plus que le métier des armes requiert de hautes qualités morales, des aptitudes mentales et psychologiques. Il n’est pas approprié à une clique d’individus douteux sans foi ni loi, qui terrifie le peuple sans état d’âme. Le Cameroun n’est pas un pays des Cancrelats ni un royaume des sauvages où on piétine et pisse sur les plus faibles, mais un état de droit. Le traitement infligé à ce cadre du Mrc le 22 juil- let dernier est loin de correspondre à cette exigence. Ce militant engagé du Mouvement pour la renaissance du Cameroun qui médite son sort dans une cellule de la prison centrale de Kondengui, se considère désormais comme un martyr. Il a été humilié parce qu’il a usé d’une liberté constitutionnelle, celle de manifester.

Ceux qui sont aux affaires croient que le pouvoir se réduit à la force, une force sans vergogne. Oui une force sans foi ni loi. Ils sont persuadés que qui dispose de la force, a nécessairement raison. Ils n’ont du respect que pour les vainqueurs, ceux-là qui sont capables de placer leur botte sur la nuque des « sans couilles ». Mais ils oublient très souvent que leur responsabilité historique est engagée. Etienne Pasquier disait à ce sujet : « Le premier scandale provient de celui qui fait le mal, et non de celui qui raconte ».

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