Cameroun: La Guinée Equatoriale tente d’annexer une partie du territoire à Kye-Ossi

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Après les événements de la semaine dernière à la frontière, le haut commandement par le truchement du général René Claude Meka a déployé des troupes d’élite.

Début août. Le général René Claude Meka, le chef d’Etat major des armées, était à Kye-Ossi à la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Une mission commando au pas de course le long des layons tracés par l’armée guinéenne en territoire camerounais. Pour le haut-commandement camerounais c’est « une provocation ». Les responsables de la préfectorale ne disent pas le contraire. « Ils sont carrément entrés en territoire camerounais », se plaint Joseph Happy De Nguiamba, le sous-préfet de Kye-Ossi.

A Malabo cet incident ne préoccupe pas encore les autorités guinéennes. Elles n’ont pour l’instant pas fait mobiliser les couloirs diplomatiques usuels pour réduire l’incidence de cet incident. Si elles temporisent leur projet d’ériger un mur à la frontière des deux pays. Mais sans toutefois abandonner ce projet, qui laisse songeur dans les capitales de la sous-région au moment même où le projet d’intégration communautaire bat son plein.

Une fois encore, les relations entre Yaoundé et Malabo, déjà très complexes, se sont à nouveau tendues. L’histoire entre les deux pays n’a vraiment jamais été un fleuve tranquille. En 2018, alors que les soldats guinéens se battent contre des assaillants non-identifiés à Ebibeyin, la principale ville de la province du Nkié-Ntem dans le nord-est de la Guinée équatoriale, des voix se lèvent dans l’administration guinéenne pour accuser les pays voisins de « tentative de déstabilisation ». Le Cameroun et la Gabon sont pointés du doigt, sans aucune preuve matérielle. L’affaire a rapidement été oublié, la diplomatie équato-guinéenne s’étant chargée de temporiser la situation.

Cet épisode a rappelé aux Camerounais d’autres événements regrettables. A commencer par les reconduites violentes et récurrentes des Camerounais à la frontière. En 2009, les images de Camerounais sur le retour, brutalisés par les soldats guinéens, avaient choqué sur toute l’étendue du triangle national. La presse locale titrait même que « le torchon brûle entre le Cameroun et la Guinée équatoriale ». Un titre qui est souvent revenu par le passé. En 2007, des Camerounais installés à Malabo et à Bata se plaignaient de faire l’objet d’une véritable « chasse à l’homme ». Trois ans plus tôt, en 2004, plus de 250 Camerounais avaient déjà été exclus manu militari de Guinée. « Les autorités de Malabo ont entrepris une chasse aux étrangers quelques jours après avoir annoncé qu’elles avaient éventé une tentative de déstabilisation du régime du président Obiang Nguéma », pouvait-on lire à l’époque sur le site de Rfi.

A cette époque, à Malabo, on accusait le Cameroun de mener des activités illicites contre le régime de Malabo. « Le gouvernement camerounais, mis en cause dans des médias étrangers, a formellement démenti l’existence au Cameroun, d’un camp d’entraînement de mercenaires en vue de la déstabilisation du pouvoir voisin », ajoutait le site de Rfi.

La suspicion entre les deux voisins ne date donc pas d’hier. Cette suspicion transpire des anecdotes rapportées par des officiels camerounais en visite en Guinée : fouilles tatillonnes au corps, interrogations très poussées… Autant de choses qu’on croyait terminé depuis que les chefs d’Etat de la sousrégion ont pris la décision de parachever le projet d’intégration en appliquant la libre circulation des personnes et des biens. Surtout que l’Afrique centrale est de loin la sous-région la plus en retard en Afrique en matière d’intégration. Le Cameroun mène même de front le dossier de jumelage des deux grands blocs de l’Afrique centrale : la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) et Ceeac (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale).

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