Incendie de la Sonara: Les enquêteurs dénoncent des négligences managériales

0
156
Sonara en flammes
TCL TV

Le directeur général, Jean Paul Simo Njonou, est sur le grill pour une succession de manquements qui ont servi de facteurs aggravant à l’incendie du 31 mai dernier.

La page n’est pas près de se tourner sur l’incendie des installations de la Société nationale de raffinage (Sonara) à Limbé. D’abord parce que c’est la seule raffinerie du pays, ce qui augure que l’Etat va devoir faire des contorsions énormes pour continuer de ravitailler les marketeurs. Mais aussi parce que le rapport d’enquête technique commandé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute a abouti sur le procès du management de la Sonara. Et dire que Jean Paul Simo Njonou avait été nommé à la tête de cette entreprise étatique, le 14 janvier dernier, avec pour mission de sauver une Sonara en perte de vitesse.

Six mois après, le plâtrage n’a pas pris, pire la Sonara vit la plus grosse catastrophe de son histoire à cause des négligences du top management, comme l’a conclu le rapport que les enquêteurs ont rendu au Premier ministre le 10 juillet 2019. S’il n’a pas été rendu public, certaines conclusions de ce rapport ont néanmoins fuité. On sait donc que les enquêteurs dénoncent toute «une chaîne de négligences» qu’ils imputent à la direction de la Sonara. Au sommet de cette chaîne, le rapport, à charge, rendu au Premier ministre note la vétusté des équipements de la Sonara. Depuis son arrivée, Jean Paul Simo Njonou s’est donc timidement impliqué dans le renouvellement des équipements. Or ces équipements désuets ont servi de facteur aggravant à l’incendie du 31 mai dernier. Les négligences observées concernent aussi les mesures de sécurité sur le site. Les enquêteurs parlent d’une kirielle de mesures qui concernent la sécurité des hommes au travail, la sécurité des équipements et même les certifications pour la plupart caducs. Et puis il y a le non renouvellement des assurances de la Sonara, qui fait les choux gras de la presse depuis l’incendie. Pour le gouvernement c’est le bât qui blesse car tout indique que l’Etat camerounais va devoir supporter tout seul la facture du sinistre, qui s’élève à 287 milliards de Fcfa.

Jean Paul Simo Njonou et certains de ses collaborateurs ont déjà été auditionnés par les enquêteurs. Qui veulent aussi entendre Richard Lowe, le directeur général d’Activa Cameroun. De toutes évidences, la Sonara a renouvelé certaines de ses polices d’assurance en omettant de le faire pour les plus importantes. C’est pour cette raison que toutes les compagnies d’assurances qui ont la Sonara comme cliente ne sont pas auditionnées comme témoin dans cette affaire. Quoiqu’il en soit, cette omission qui intrigue les enquêteurs, qui veulent en savoir plus.

Facebook Comments