Pietro Lazzeri: «La Suisse ne chasse pas de Président »

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L'Ambassadeur de Suisse au Cameroun, S.E. Pietro Lazzeri et S.E. Paul BIYA au Palais de l'Unité
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L’ambassadeur de Suisse au Cameroun revient sur les événements de Genève relatifs au séjour du Chef de l’Etat.

Le Cameroun et la suisse ont toujours eu des relations privilégiées, quelle lecture en tant qu’ambassadeur vous faites des derniers incidents qui ont un peu émaillé le court séjour privé du Président en Suisse ?

Les relations entre pays, c’est comme les relations entre personnes, s’il y a de la qualité, la qualité demeure. Tout d’abord je suis ambassadeur bilatéral au Cameroun, je crois que les autorités suisses ont agi pour préserver trois choses : la sécurité du Chef de l’Etat, deuxième, l’ordre public et la loi en Suisse et en troisième lieu, il y a les relations bilatérales. On peut dire que la sécurité du chef de l’Etat a été assurée, parce que certains camerounais se demandent comment, ils ont pu avoir accès à l’hôtel où il résidait.

Ce qui est important, c’est toujours de trouver un équilibre. Et, nous croyons qu’à Genève, nous l’avons trouvé, entre le droit à manifester et le respect des lois suisses. La police de Genève, a dû intervenir quand les manifestants n’ont pas respecté l’endroit qui avait été assigné pour manifester.

À la faveur des réseaux sociaux, et même d’une certaine presse, on dit parfois beaucoup de choses, par exemple que Paul Biya a été chassé de Suisse. Est-ce que c’est vrai ?

Vous savez, les réseaux sociaux ont beaucoup d’opinions. Je ne travaille ni au Conseil fédéral suisse ni à la Présidence de la République mais, la Suisse ne chasse pas de Président, la Suisse applique des lois. Donc, les réseaux sociaux, ils sont très riches, mais parfois c’est de la science-fiction.

Le président est-il toujours le bienvenu en Suisse ?

Ce n’est pas à l’ambassadeur de Suisse au Cameroun de décider des déplacements du Chef de l’Etat. Je ne travaille pas à la présidence camerounaise, et je travaille non plus au sein du Conseil fédéral suisse.

Monsieur l’ambassadeur, dans le cadre de la crise sociopolitique que vivent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Suisse est l’un des pays amis ayant promis son appui au Cameroun, pouvez-vous nous faire le point sur la question ?

Nous avons depuis le début de la crise, essayé d’accompagner le Cameroun dans la recherche d’une solution pacifique et négociée. Il y a eu tout d’abord notre action dans le domaine du plurilinguisme, l’action humanitaire en faveur des populations. Depuis quelques mois, la Suisse, tout comme dans d’autres contextes, essaye d’accompagner un dialogue, techniquement appelé la facilitation. C’est-à-dire que la Suisse, comme dans le match de foot, grâce à la neutralité de son expertise accompagne les parties, elle ne décide pas. Nous sommes l’arbitre mais nous sommes ni les joueurs ni l’entraineur. Nous essayons d’accompagner les parties dans la recherche d’une solution négociée.

Vous avez bon espoir que ça peut aboutir à une solution ?

Si je m’en tiens aux collègues à Berne, et à nos partenaires, le centre pour le dialogue humanitaire, nous travaillons avec détermination. Mais, la décision de trouver des solutions est dans les mains des parties. Il faut de la bonne volonté, nous accompagnons, je répète, ce processus mais nous ne prenons pas de décisions.

Dites-nous comment se porte les relations entre Yaoundé et Berne aujourd’hui ?

Les relations sont étoffées, riches, très variées. Il y a des relations entre Etats et là, on a plusieurs domaines, par exemple, les relations économiques, les consultations. Nous avons des partenariats migratoire, des actions de corporations, et après, il y a là toute l’échange entre les populations. Nous avons une grande population camerounaise en Suisse et nous avons aussi beaucoup de Suisses au Cameroun, donc c’est très riche, mais on peut toujours faire plus, c’est pour ça aussi que, on essaie chaque jour de promouvoir l’amitié entre les peuples et entre les gouvernements.

La Suisse est un peu à l’image du Cameroun, multiculturelle. Qu’est que le Cameroun peut copier de la Suisse à ce niveau, là on sait que la Commissions National pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme a été en Suisse, qu’est que le Cameroun peut prendre comme modèle au niveau de la Suisse ?

Je crois que l’échange va dans les deux directions, on apprend mutuellement. Nous avons appris après des siècles à construire un Etat, qui peuvent répondre aux demandes des citoyens sur le plan local et régional. Parfois, si vous devez construire une école, une route, prendre des décisions localement, c’est beaucoup plus facile. Notre modèle, c’est un modèle intéressant, parce que nous avons aussi une grande diversité culturelle et éthique et linguistique comme la Cameroun, donc je crois que ça peut être intéressant pour le Cameroun.

Votre dernier mot Monsieur l’ambassadeur sur l’avenir des relations entre nos deux pays ?

Une belle amitié, nous allons continuer à travailler en harmonie avec détermination et surtout en regardant un futur commun.

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