Cameroun: Une économie résiliente de la CEMAC en 2019

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Selon les analystes, le Cameroun doit cette position grâce à la diversification de son économie et la réalisation de projets de chaînes de valeurs dans les filières agrosylvopastorales et halieutiques.

Une économie résiliente. La conclusion des analystes de la BAD  s’appuie sur les projets structurels réalisés ou en cours dans des secteurs clés de l’économie camerounaise. Cela accélère la croissance, promeut la création des emplois et réduit ainsi la pauvreté. Dans ce sens, le gouvernement a déjà réalisé différents ouvrages de production électrique afin de résorber le manque d’infrastructures du secteur, d’accroître la capacité installée actuelle de 1300 mégawatts avec le concours du barrage de Memve’ele. Projeté à 4,4% en 2019, le PIB du Cameroun devra ainsi atteindre 4,7 % en 2020 grâce à la mise en activité d’infrastructures de production énergétique et de transport, et à la remontée des cours mondiaux du pétrole. L’atteinte de ce défi passe par l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise, à travers le développement du secteur privé et du commerce régional au regard de la position géographique du pays.

Réduction du train de vie de l’État

C’est l’une des principales innovations de la loi de Finances 2020. En effet, l’enveloppe qui passe de 5212 milliards Fcfa en 2019 à 4951,7 Fcfa en 2020. Soit un déficit de 260, 03 milliards représentant 5% en valeur relative. L’urgence de cette réduction est liée au contexte de crise sécuritaire, en particulier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. L’impact est perceptible sur la trésorerie. L’État s’engage également à mettre en place une meilleure politique de traçabilité de ses dépenses et une logique de sincérité et de transparence de sa gestion. Autre décision majeure, arrimer la politique de taxation douanière à la porte au niveau de transformation des marchandises exportées. Le Cameroun entend limiter au maximum ses importations afin de privilégier la demande locale grâce à la production suffisante du riz, soja, le maïs et l’huile de palme d’origine camerounaise.

Une usine de transformation de cacao à Kékem

Cette importante usine de transformation du cacao en Afrique, a été inaugurée le 26 avril 2019 par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Il s’agit précisément d’une usine de transformation des fèves de cacao, NEO Industry S.A, installée à Fondjomoko, dans localité de Kékem, département du Haut-Nkam, région de l’Ouest. Le projet est porté par Emmanuel Neossi, une élite locale. Le coût de l’investissement s’élève à plus de 20 milliards de Fcfa, dont environ 1,2 milliard de Fcfa issus des pouvoirs publics. 13 milliards de Fcfa, ont été octroyés par la Société Commerciale de Banque (SCB Cameroun). Un crédit bancaire qui a été garanti à hauteur de 6 milliards de Fcfa par l’African Guarantee Fund (AGF), fonds de garantie lancé par le groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD).

Aperçu processus de transformation de cacao à Kékem

Équipée par l’entreprise allemande Buhler, présentée comme le leader mondial dans la fabrication des équipements de l’industrie chocolatière, l’usine agro-industrielle ambitionne de transformer 30 000 fèves de cacao pour obtenir 12 000 tonnes de beurre, 6 000 tonnes de poudre et 6 000 tonnes de masse. Le projet va générer plus de 1000 emplois temporaires et 825 emplois permanents, dont 350 déjà effectifs.

Désengorgement du trafic sur le Wouri

Le pont sur le Wouri contribue à pallier les interminables embouteillages. Ouvrage stratégique pour les opérateurs économiques camerounais, il permet désormais de fluidifier la circulation à partir de Bonabéri, quartier qui abrite une zone industrielle, et le centre-ville de Douala. Mais aussi entre la capitale économique et les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Ouest du Cameroun.

2e pont sur le Wouri

Les 3,5 km de chaussée, le viaduc routier de 756m de long, le viaduc ferroviaire de 746m de long et les passages inférieurs, illustrent la qualité des travaux. Fruit de la coopération entre la France et le Cameroun, il a bénéficié du financement de l’AFD  estimé à 141,6 milliards de Fcfa.

Accélérer les travaux de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen

Les ministres en charge des Domaines, Henri Eyebe Ayissi, et de l’Habitat, Célestine Ketcha Courtes, ont pris une décision forte dans communiqué conjoint signé le 23 septembre 2019. Suite à une descente sur l’itinéraire de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen (environ 21 Km au total pour la section rase campagne et urbaine), ils ont martelé à l’entreprise chinoise en charge des travaux, China Communications Construction Company Ltd, de livrer la section rase campagne (11 km) de l’ouvrage autoroutière au plus tard en janvier 2020.

Autoroute Yaoundé-Nsimalen

« De manière générale, aucune construction ne sera tolérée, ni maintenue ou épargnée dans l’emprise des 200 mètres sécurisés aux abords de l’autoroute » souligne le communiqué. Le coût total des travaux démarrés en 2015 pour une durée de 36 mois, s’élève 189,8 milliards Fcfa.

Incendie à la SONARA

C’est la plus triste actualité économique en 2019 au Cameroun. L’incendie survenu dans la a nuit du 31 mai 2019, a causé d’importants dégâts matériels mais aucune perte en vie humaine. Quatre des treize unités de la Société nationale de raffinage  ont été ravagées, Pour déterminer les causes, le premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute avait prescrit 30 jours, à la commission d’enquête conduite par le ministre de l’eau et de l’énergie pour livrer ses résultats. Déposé le 10 juillet 2019, le rapport de la commission Gaston Eloundou Essomba fait état d’une cause technique, d’un « incendie accidentel » selon nos sources.

Dégâts des flammes à la SONARA

Malgré ce sinistre qui cause un manque à gagner à l’économie nationale, le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires en vue d’un ravitaillement régulier des ménages en produits pétroliers et gaz domestique. Il a aussi pris des mesures pour que tel incendie ne se reproduise pas à l’avenir.

Par Dieudonné Zra

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