Investissements: 3 projets de fabrication des voitures « made in Cameroon » morts et enterrés

0
666
Une usine de montage de Véhicules
TCL TV

Les annonces faites en grande pompe par la Cameroon Automobile Industry Company (Caic) en 2015, Cameroon First Automobile Manufacture Co. Ltd en 2013 et la firme américaine Transnationale Automobile Group (Taug) en 2006 sont jusqu’à ce jour restées lettres mortes.

Impossible de mettre sur pied une industrie automobile dans le pays de Paul Biya. On ne sait pourquoi. Mais les expériences passées en disent long au point où l’on parle désormais d’une malédiction à la camerounaise. D’ailleurs, au commencement ce fut la Firme américaine Transnationale Automobile Group (Taug) qui se proposa d’installer ses usines à Limbé. C’était précisément en 2006 ; les premières voitures devaient alors être visibles sur le terrain en 2008. Ce qui a été surprenant, c’est que nonobstant le tapage médiatique autour de cette affaire, le consortium américain n’a pas pu aller jusqu’au bout. Plus d’une décennie après, on n’en parle plus et le démarrage des travaux n’a jamais été effectif. On indique même que la firme américaine Transnationale Automobile Group (Taug) avait déserté en catimini le pays de Biya, cédant des actifs à la société le « Bus ».

Les investisseurs chinois désistent

En juillet 2013, les responsables de la Cameroon First Automobile Manufacture Co. Ltd. Implantée au Cameroun par les investisseurs chinois avaient annoncé à grand renfort médiatique le projet de montage des véhicules made in Cameroon. Plusieurs conventions de partenariats avaient été paraphées à cet effet avec le gouvernement du Cameroun. Lesdites conventions rentraient dans le cadre de la mis en œuvre effective de deux usines de montage des véhicules tropicalisés made in Cameroon cette année-là. La conception des lignes de montage à l’usine avait été même achevée quelques mois plutôt. Malheureusement, à l’heure où nous sommes, on s’interroge sur le sort à ce projet, alors que les premières voitures étaient annoncées au plus tard pour 2015. Le consortium indochinois déserte.

Le consortium indochinois déserte Le dernier scandale du genre en date, c’est celui de la pose de la première pierre du projet de fabrication des véhicules au Cameroun par le consortium indochinois Cameroon Automobile Industry Company (Ciac) annoncée pour le mois de juin dernier qui s’est vue également bloquée, malgré la signature de la convention de mise à disposition des terrains (ce sont 15 hectares de terrain qui ont été remis au consortium indochinois) entre le Magzi (Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles) et le Ciac en date de du 10 mars 2016 à Yaoundé. Nous apprenions que la Cameroon Automobile Industry Company SA devait développer au Cameroun douze (12) usines de montages et d’assemblages de véhicules lourds et légers respectivement dans les villes de douala et Kribi et que les premières voitures made in Cameroon allaient être disponibles en 2016. D’ailleurs, le Directeur Général de Cais, l’indien Manoy Khiyani annonçait le 11 juin 2015 devant la presse qu’on pourra exporter ces véhicules dans d’autres pays africains ». Bien plus, ce projet qui s’élève à 92 milliards de francs CFA, devait générer plus de 4000 emplois. Malheureusement, les jours passent et on n’entend plus parler. Preuve que l’avenir s’annonce également sombre pour ce troisième investisseur. Malgré l’implication personnel du Président Paul Biya pour la réalisation de ce dernier projet, il a tué par le système en raison de la corruption à toutes les étapes. D’où la question suivante : que se-passe-t-il finalement avec les chantiers de l’industrie automobile au Cameroun ?

Le Gouvernement accusé

Responsable de l’une des sociétés suscitées que nous avons rencontré, accuse le Gouvernement d’être responsable de la fuite des investisseurs au Cameroun. « Aucun document n’est délivré à temps. Ce qui se passe ici, on n’a jamais vu ça ailleurs. A cette inertie administrative, il faut y ajouter la corruption. Il faut donner de l’argent à tous les niveaux de l’administration pour espérer voir son dossier traité. Voilà essentiellement de ce qui décourage les investisseurs étrangers », confie ce membre du staff managérial de la Cameroon Automobile Industry Company. Au ministère des mines, de l’industrie et du développement technologique, on semble plutôt accuser lesinvestisseurs. « Nombreux sont lesinvestisseurs qui arrivent ici avec des projets mal montés qui n’arrivent pas à concrétiser. C’est généralement le cas pour ce qui est des projets des industries automobiles. Ce qui peut justifier la fuite de certains investissements qui se sont prononcés au départ dans le cadre de la construction des véhicules made in Cameroon. Le Gouvernement n’y est pour rien ». Mais, toujours est-il que tous les investisseurs étrangers qui désirent investir dans l’industrie automobile subissent presque le même sort au Cameroun. Aussi, apprend – t-on que la part de responsabilité de la Madzi et de l’ancien ministre des domaines et du cadastre est établie dans la fuite des investisseurs.

Facebook Comments