Kribi: Un feu sauvage ravage le marché de Mokolo

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Une centaine de boutiques ont été réduites en cendre au cours d’un grave incendie déclaré vendredi, 22 mai au Marché Central de Mokolo, dans la cité balnéaire.

Un reportage de Siméon AVA à Kribi

4h30. Ce vendredi 22 mai 2020. Les bons vents marins de la cité balnéaire, et les vertus de caresse du Confinement, ne berceront pas à terme le sommeil douillet des habitants du quartier Mokolo et ses environs. Un incendie grave vient de se déclencher. Les flammes sont très violentes. Elles consument la centaine de boutiques mal famées, véritables cagibis où les couturiers et vendeurs de tissus se marchent dessus, comme dans un nid à rats. Les flammes montent très haut, qui réveillent en sursaut les deux gardiens, perdus dans la nuée de la fumée qui ne permet plus de circonscrire le périmètre du sinistre. Abrutis par cet inattendu invité de malheur, ils se contentent de pousser les cris, en formant les numéros de téléphone de quelques boutiquiers.

Mais les premiers à arriver sur les lieux de ce marché situé au cœur de Kribi, ce ne sont ni les propriétaires de boutiques, ni les soldats du feu logés à 1 kilomètre de là, ni les éléments de forces de sécurité ; mais plutôt des  » Secouristes » d’une autre nature. Ils entrent allègrement dans ce nuage, cassent les boutiques non encore consummées, et  » sécurisent » par devers eux, ce butin tombé comme une manne du ciel. Des ballots de tissus sont emportés, des machines à coudre, et des caisses en bois ou en aluminium, où l’on a la présomption d’une forte présence de bijoux silencieux. C’est le pillage à ciel ouvert.

Le pot aux roses est découvert par les premiers propriétaires de ces commerces qui arrivent entre 5h30 et 6h. Un malfrat casse la boutique d’une dame devant elle, loin même du feu.  » C’est comment ? », lui demande la femme. Réponse du voleur qui ne « la gère » même pas,  » c’est la boutique de ma grande sœur qui a voyagé ». D’autres brigands, visiblement constitués en bandes organisées, disparaissent dans la pénombre, avec un important stock de marchandises.

Les Sapeurs pompiers vont rompre leur Confinement non Covidée suite aux alertes. Les soldats du feu arrivent vers 6h. Ils interviennent en vrais professionnels, pour maîtriser l’incendie.

La puissance des eaux projetées par leurs  » Mami wata » a deux effets collatéraux : elle éteint le feu; elle disperse surtout les voleurs. Mais, trop tard, ils avaient déjà suffisamment pillé et les flammes avaient déjà réduit la grande partie de boutiques en cendres.

Si l’on est encore à supputer sur les origines de l’incendie, avec des soupçons d’une main criminelle qui aurait mis le feu pour « se servir », force est de constater une promiscuité sans pareille de ces lieux-bidonvilles au cœur de la Ville ! Des constructions archaïques, avec des planches et tôles de troisième main faites par des maçons et menuisiers autoproclamés; des installations électriques très hasardeuses, et pas le moindre respect d’une règle d’urbanisation. Inimaginable pour une cité touristique, balnéaire et portuaire.

Le Maire de la Ville, Guy Emmanuel Sabikanda, appelé  » Le Bulldozer », qui a commencé le grand assainissement de ce marché, a trop vite cédé à la pression populaire injustifiée et laisser tomber ses casses salutaires. On n’en serait pas arrivé là. Dieu merci, on ne déplore aucune perte en vie humaine.

En supplément d’information, nous vous proposons quelques images de ce grave incendie

Par Siméon AVA

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