Manœuvres: L’effet boomerang du bâillonnement de Kamto

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Le pouvoir est vent debout contre une quelconque implication du Mrc et les siens dans le champ humanitaire contre le Covid-19. Le ministre de l’Administration territoriale en embuscade.

Le chapitre révélateur de la hantise du ministre de l’Administration territoriale (Minat) aura été la volonté d’Atanga Nji de ruiner toutes les capacités de projection de Survie-Cameroon-Surival-Initiative (Scsi), la réponse humanitaire de Maurice Kamto contre le Covid-19. Christian Penda Ekoka, le président du Comité de gestion du Fonds Survie récolté par des contributions via électronique, aura connu des moments suffisamment difficiles suite aux estocades répétitifs du Minat. Le son de cloche de cette traque a été donné par la détermination du ministre de l’intérieur d’étouffer dans l’œuf ce projet en qualifiant Scsi d’une « organisation illégale » et sur le même coup, il demandait au Directeur d’Afriland First Bank de clôturer les comptes de Survie. On sait la suite même si cette institution bancaire n’a pas porté sur la place publique sa réponse au Minat. Quoi qu’il en soit, on a pu de rendre compte, avec la deuxième sortie d’Atanga Nji, cette fois en direction du ministère des Finances, que la première initiative a été un fiasco.

Chez Louis Paul Motaze, l’opinion s’y est mêlée où on entendait fuser de toutes parts que le Minfi n’avait pas d’injonction ou d’ordre à recevoir du Minat. En réalité, dans une correspondance, il demandait à son collègue d’intervenir pour bloquer les comptes de Scsi. L’opinion ulcérée se demandait où le Minat en était dans sa détermination de bloquer les comptes qu’il y a quelques jours le bruit de guerre est venu des opérateurs mobiles Mtn et Orange. Atanga Nji, l’inoxydable dans sa détermination, avait mis la pression sur ces opérateurs qui hébergent les comptes électroniques de Survie pour qu’ils les bloquent. La réponse de la Scsi est venue contre toute attente par une lettre de sommation ordonnant aux gestionnaires de compte en ligne de s’exécuter en débloquant lesdits comptes. Ce qui a été fait.

Des revers à caution

Face à une telle situation, on est en droit de se poser des questions sur la stratégie réelle du Minat. Est-ce le montant des contributions de Survie qui pose problème? La cagnotte se situerait autour de 750.000 Euros. Assez considérable pour mettre le pouvoir en danger à quelque niveau? Ou bien est-ce par crainte de retombées politiques que le Mrc tirerait de cette action que le Minat veut éventrer sous le couvert du respect de la loi? Le revers de la médaille dans cette initiative est que le Minat y laisse trop de plumes ou de son autorité. Le fait de sortir de la piste, deux ou trois fois pour la même affaire, trahit toute l’évidence d’une mauvaise démarche pour atteindre un but politique. Bien plus encore, l’action du Minat est interprétée par une frange importante comme une action directement hostile à la vie des Camerounais.

Les promoteurs de la Scsi ont pris la peine de communiquer amplement sur les missions de l’initiative humanitaire dont le Minat fait partie du Comité de gestion de ce Fonds. Au moment où le ministre a essuyé un ultime revers on se demande ce qu’il va faire et pour quel résultat. On constate ces derniers jours que les différentes initiatives au niveau national et local, font la particularité du Cameroun dans cette lutte dont près de 9 milliards ont déjà été dépensés dans cette guerre contre le Covid-19. Dans ce dynamisme où la Scsi a annoncé la fabrication d’un million de masques et des solutions hydroalcooliques, son intention de soutenir la solution médicale de Mgr Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala, le Minat devrait mettre le pied doux sur la pédale au risque de se présenter aux yeux de beaucoup en bourreau de toute une Nation qu’il veut pourtant protéger.

Léopold DASSI NDJIDJOU, Le Messager

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