Lundis Chroniques – Editions du 27 juillet 2020: « Ô Cameroun, où est ta rigueur, où est ta moralité? » (Audio)

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Après un weekend saoulant aux épisodes insolites, tragiques et même fantasmagoriques, la plume de Franck Olivier BIYA a coulé ce lundi 27 juillet comme un manifeste de la peste morale au Cameroun. « Lundis Chroniques » a encore honoré le rencard. Mais attention, tenez-vous à l’écart… Sa césure fait des éclaboussures!

Mesdames, messieur, Bonjour et Bienvenue au Cameroun, pays des normes écartées, et des écarts normées. Chez nous la décence est la plus grande indécence. Devant les pyramides renversées, les révérences sont versées. Si tu as des doutes,  

Confie-moi alors tes filles pour les éduquer, je ferai d’elles, mes objets sexuels. Confie-moi un micro pour chanter et tu danseras du son sort des dessous de mes jupons  Confie-moi le pays pour le gérer, et il n’y aura personne pour te gérer. Confie-moi tes hommes en tenue pour ma sécurité, pour une pièce de 100 FCFA, tu vas les enterrer. Confie-moi tes enseignants pour m’éduquer,  c’est à l’au-delà que je les enverrai enseigner; Confie-moi tes examens officiels pour les organiser, loin des salles de classes, c’est avec beaucoup de grâce que sur les réseaux sociaux, les sujets seront traités.

 Fais de moi un Chef de terre, et je giflerai tes enseignants devant leurs élèves. Fais de moi le peuple, aveugle, je choisirai de ne pas voir mes droits et devoir, je maudirai ceux qui sont au pouvoir. Fais de moi un justicier à la tache rompue, je ferai de toi un corrompu ; Fais de-moi ton gestionnaire, pour ta ruine je serai un visionnaire.   

Donne-moi les mégas pour me connecter, et mes directs de Facebook te le feront regretter.  Donne-moi le visa pour voyager, et je t’insulterai une fois arrivé. Donne-moi le titre d’agent public, et je marchanderai le service public, Donne-moi les armes pour te protéger, je ferai de toi ma première proie ;  Donne-moi le pouvoir, je te rendrai esclave tu vas voir.

C’est ça le Cameroun, le Vert qui franchit la ligne Rouge,  et personne pour un carton Jaune. L’étoile qui scintille sur la bande rouge, titille et ne bouge que pour creuser l’écart et les écarts sous nos regards.  La semaine dernière, sur ma page facebook,  las de voir tous ces look, Je me demandais encore, avec beaucoup de remords, « Mais quel est ce pays où même ceux qui sont contre les écarts écartent et s’écartent? ». Chacun est un King, et les autres pris pour des cons. On est donc tous des King-kong. Mais ce qui rend encore beau, ce cliché est qu’on est des Rambo dans la chasse du gombo. Délestage, pillage, saccage de nos sous, sources et ressources ne peuvent faire qu’ombrage. Tenez-vous tranquille, ça saoule !

Ce week-end, le pays nous en a encore servi. Jeudi 23 juillet Agence Finexs Voyages, Entrée fracassante par un dernier combat nocturne d’un film hollywoodien made in Douala. Acteurs, Gardien de Toillette mais alors véritable tueur à la latte, qui confond  l’un de nos gardien de la Paix à son Chef Bandit. A vous Monsieur l’agent je dis, c’est peine perdue, votre collègue on l’a perdu.

Les bourreaux du gendarme passent aux aveux…

Après Douala et ses histoires Finexs qui manquent de finesse, Vendredi 25 juillet on est à Yaoundé, au tour de 22 heures, la Trésorerie Générale prend un bain de flammes. Les équipements et documents physiques de l’un des bâtiments du Service du Contrôles et de traitement Informatiques des comptabilités sont réduits en cendre. Sur les lieux samedi aux premières heures de la Matinée, Le Ministre des Finances a entre autres mesures, évoqué l’ouverture d’une enquête qui sera diligentée par les services compétentes. Et certains camerounais qui connaissent très bien les camerounais, n’hésitent pas de mettre déjà à l’origine de ces flammes, une main criminelle. Comme pour dire, ils ont encore volé, ils viennent de dissimuler les traces. Les mêmes gens toujours bien renseignés, évoquent par ailleurs des fraudes massives à l’examen du Baccalauréat Session 2020. Certainement ils ne disent pas en vain. Confirmation faite par un communiqué inavoué du Ministres des Enseignements Secondaires rendu public Vendredi et annulant les épreuves de SVT, Physiques et Chimie au Baccalauréat de l’enseignement Général, séries C, D et TI qui étaient déjà passés. Dans le communiqué de Madame Nalova Lyonga, il est clairement dit que ces épreuves sont reprogrammées pour les 3 et 4 août prochains. En français facil, ceux qui organisent les examens auraient fait fuiter par négligence, ou par marchandage,  les sujets avant la composition. Ce phénomène dit de « l’eau de l’examen » a traversé et bercé plusieurs générations de candidats au Cameroun. On le sait tous. Mais allez voir ce que vaut notre bac à l’international. Les plus polis dans la salissure le mettent dans les ordures. Comme pour dire, elle ne vaut rien, notre école. Sinon, La tricherie, la corruption, l’insécurité publique, le tribalisme, la laxisme et tous les ismes qui vont avec nous dans ce sens, ne constitueraient pas ce que les savants appellent « La civilisations des mœurs délictuels » qui font persévérer l’Etat, en lui obligeant de s’inventer au jour le jour. Dans le même ordre d’idées, cet autre cliché du carnet noir du weekend. Sorti de l’ENAM avec un titre d’Administrateur Civil, sur le terrain on a déjà une grande expérience, parce qu’on a été premier Adjoint Préfectoral. Mais 15 jour seulement après qu’on  ait été nommé et installé Sous-Préfet, avec son arme personnelle, on commet l’irréparable. C’est ce qui est arrivé au Chef de terre de la Lokoundjé samedi le 25 juillet. Alors que sa copine et lui s’apprêtaient pour un voyage à Douala, M. EYONO EBANGA, par fausse manipulation de son pistolet lâche un coup de feu qui finit entre le cou et l’épaule de sa bien-aimée, la suite à imaginer…

Ô Cameroun, où est ta rigueur ? Ô Cameroun, où est ta moralité ? « Le respect de la morale publique est aussi l’adhésion à l’intégration nationale qui constitue le ciment de notre Nation », rappelait ainsi le Président Paul BIYA à sa Jeunesse le 10 février 2014 Message resté inouï et par les générations montantes et par celles plus anciennes. Dans un article intitulé, « Fondement et instrumentalisation de la crise politique et axiologique de l’État camerounais », Ange Bergson Lendja Ngnemzue, décrit et analyse la crise axiologique et politique de l’État camerounais. L’auteur y apprend que « L’État camerounais n’est plus producteur des normes de la régulation de la société, et cela ne signifie pas sa propre fin comme État : au contraire, il régule la société en procédant à la gouvernementalisation des irrégularités existantes, en politisant la crise ambiante ».  Pour voir ce que ça donne aujourd’hui, sans trace, faites prendre place devant la glace à votre conscience, regardez comme nous sommes mal partis pour l’émergence. Bonne journée et à lundi.

 

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Lundis Chroniques – Edition du 27 juillet 2020 (Version audio)
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