Tribunal d’instances de Kribi – Le Procès de Joseph ABENA ABENA: Le Procès Politique, Le procès de la Presse, Le Procès de l’Océan

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TCL TV

Le 11 juillet 2020, le Tribunal de Grande instance de Kribi a eu un procès particulier. Loin d’être le procès du journaliste qui a commis un article de presse, il s’avère être un procès de tout un département qui refuse d’acclamer les bienfaits du Renouveau, les Grandes Réalisations et les Grandes Opportunités du Président Paul Biya, pour guerroyer dans des intrigues byzantines.

Pour comprendre ce procès qui s’est ouvert au Tribunal de Kribi, et qui oppose Joseph Abena Abena PDG de Radio Espoir et Représentant Régional du Groupe Équinoxe TV et Nouvelle Expression dans la cité balnéaire de l’Océan, et le Maire de la Ville Guy Emmanuel Sabikanda, il faut convoquer non seulement les Faits relatés dans l’article incriminé, les Chroniques dont ce journaliste a seul le secret, mais surtout l’histoire des interminables intrigues administrativo-politiques qui ont dressé leur lit douillet dans ce département aux enjeux très importants.

L’article querellé de Joseph Abena Abena est une vraie pyramide inversée que l’on apprend dans les écoles de journalisme. Une jeune dame de la diaspora, s’appuyant sur un conseiller municipal et non moins adversaire politique de l’équipe régnante dans la ville, veut réaliser un projet de loisir au nord de la ville, proche de la mangrove de Mpalla, le Maire de la Ville s’en rend compte, s’y oppose, appelle le Procureur qui lui dit que c’est de la compétence du Préfet. Le Maire appelle le Préfet en urgence, qui débarque sur les lieux lui-même au volant de sa voiture de fonction au vue de l’urgence signalée. Il s’étonne à haute voix de voir que le Maire qui l’a appelé est absent, et qui a plutôt commis un technicien pour accueillir le Préfet. Après la visite du site, le Préfet convoque une réunion dans ses services, où le Maire refuse d’y assister, même pas d’y envoyer un représentant. C’est ce fait que décrit le journaliste dans cet article intitulé  » Le Maire de la Ville Humilie le Préfet ».

Mais le journaliste cite une succession d’autres faits d’actes de  » désobéissance civile ou politique » assez graves. Ce qui provoque une attention particulière sur la personne du Maire qui reçoit des appels les plus insoupçonnés. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, qui conduit… à la citation directe.

Le post du Maire dans Océan Atlantique Infos un groupe watzap populaire dans la ville, est bien symptomatique que ce procès n’est pas sur l’article, mais bien au-delà. Ce post parle de  » Directeur de campagne d’un candidat à la Mairie de la Ville » et des gens qui  » se cachent lâchement  » derrière le journaliste pour tirer à boulets rouges sur le Maire, qui entend  » mettre fin » à cet  » aventurier  » qu’il appelle lui-même  » un abatteur « .

Bien avant cette sortie, il y a eu plusieurs affrontements directs et indirects entre ce journaliste et le camp régnant pendant et après la campagne. Une violence verbale à l’impresario du meeting de lancement de la campagne, le micro arraché à ce même journaliste au meeting régional de Dombè, des menaces envoyés au même journaliste par le Sénateur Grégoire MBA MBA par le truchement du Délégué de la Communication, d’autres propos de menaces captées de la bouche de Ibrahima de Transcam Voyages qui aurait déclaré que « nous sommes en train de nous organiser pour infliger une correction à Abena ». Le journaliste prit peur et adressa une correspondance de demande de protection au Préfet de l’Océan.Dans le feu de la Campagne, le Préfet Antoine Bisaga présidera des réunions de crise pour essayer de calmer les esprits. Le Président de la Section Rdpc de Kribi 2 venu avec une condescendance et une désinvolture incompréhensible à l’égard du Préfet, sera expulsé de la salle par un Commissaire. En fait, ce jour là, le Préfet est pris à partie par ce camp qu’il n’est pas allé déloger des conseillers « pris en otage dans un domicile privé » par le Candidat Lucien Célestin PIADO qu’on soupçonne aussi bénéficier du soutien de l’autorité administrative à qui le conseiller aurait vendu du terrain à Londji pour se faire un abri.

La cabale contre le Préfet entraînera pas moins de trois lettres contre lui adressées au Président de la République. Mais le Préfet – Pasteur n’a ni écrit, ni répondu. Mais ces lettres lui sont retournées. Entre temps, le Préfet a bénéficié d’une « prolongation » du Président de la République. Le texte présidentiel ayant fait le tour du monde, ses ennemis qui comptent chaque jour qui passe, multiplient des attitudes de provocation et de mépris à l’endroit du  » partant » à qui on demande même ouvertement s’il a « déjà rangé ses affaires personnelles ». Voilà donc une autre clé de compréhension de certains comportements de défiance envers ce Représentant du Chef de l’État dans l’Océan.

Au-delà, il y a d’autres dossiers plus lourds qui impliquent des pontes du Régime à Kribi, où le Camp régnant sort les muscles et croit que le pauvre Préfet y a joué un quelconque rôle. Le Procès de Joseph Abena Abena est bien aussi et surtout un procès politique. Des camps qui se font des querelles byzantines sont sur le pied de guerre. Cela saute aux yeux. Mais c’est une guerre d’usure et de nerfs. Mais une guerre froide effroyable qui s’intensifie chaque jour et qui ne peut prendre fin avant la sortie du nouveau Gouvernement, plus attendu dans l’Océan que partout ailleurs.
De tous ces camps, Joseph Abena Abena semble être un pivot essentiel qu’il faut réduire au silence. Journaliste iconoclaste, il vit dans un domaine appartenant à l’Eglise où il est l’un des pasteurs pilier. C’est sur ce site privé de l’Eglise que Radio Espoir a bâti ses installations. Cette Radio met d’ailleur un point d’honneur sur ces activités chrétiennes.

Seulement, elle est considérée comme le tam-tam des camps opposés à celui régnant à Kribi. En fouinant sur ce tam-tam, on découvre à la Communauté Urbaine de Kribi que la petite bâtisse qui abrite Radio Espoir au quartier Dombè n’a pas eu un  » permis d’implanter « . Motif suffisant pour programmer la démolition de ce tam-tam « sans état d’âme ». Le projet est sur orbite et sera exécuté, inéluctablement.

Il y a donc dans ce procès de Joseph Abena Abena, un plan machiavélique de réduire complètement au silence cet  » aventurier – abatteur « . Ce qui aura une conséquence inévitable sur le musèlement de la presse : Abena sera en prison et sa radio réduite en poussière. Ses 15 employés seront au chômage, et la ville se portera mieux, sans cette voix des sans voix. Et…
Vive Kribi libéré !

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