Campo: Les scandale de l’argent de la Forêt Communautaire du Canton AKAK

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La vidéo fait le tour de la toile. Une Dame chef de village ayant barré la route à Akak par Campo dans le Sud, département de l’Océan, affronte avec mépris et condescendance le Sous-préfet de Campo qu’on appelle le Docteur Joël Etémé Elanga. « Tu n’es pas mon Chef, tu es mon collaborateur. C’est moi le Chef, moi Ango Irène. Si tu es fort, viens m’arrêter avec la gendarmerie ici dans mon village on mesure un peu ta force », dit cette Dame de fer au Chef de Terre sans mâcher les mots. D’ailleurs la Cheffe du village AKAK Majesté Irène Ango ne veut même rien entendre, qu’on leur donne leur Argent issu de l’exploitation forestière par la société SEXTRANS BOIS, accusée d’avoir versé de façon mafieuse 56 millions 500 milles dans un compte pirate n’appartenant pas au GIC ACA, mais à une Société Coopérative écran dénommée Scoop ACA créée par le Délégué contesté du GIC monsieur Philémon Mekoa.


En fait, au-delà de vraies fausses accusations des deux camps qui s’affrontent dans une guerre sans merci pour contrôler la manne financière forestière, il y a une gestion scandaleuse de ce dossier qui risque emporter des têtes.

Le Canton AKAK de Campo compte en effet 6 chefferies divisées aujourd’hui en deux camps en guerre ouverte. Un camp de deux Chefs Mvondo Abel et la célèbre Irène Ango, et un camp de 4 chefs dont le chef de fil est le Délégué du Gic Mekoa Philémon.

Le premier Camp, très virulent, avec ses deux Chefs dont cette femme qui affronte de face le Sous-préfet. Ce Camp dirigé par le Chef Abel Mvondo accuse leur adversaire Mekoa Philémon d’avoir distrait 180 millions et, d’avoir ouvert un compte bancaire pirate à la Banque Atlantique au nom de Scoopaca une coopérative écran et non plus Gicaca où il est Délégué élu. Ils accusent Sextrans Bois et son DG Mahmoud Murtada d’être d’intelligence présumée avec Philémon Mekoa à qui ils auraient viré clandestinement l’argent dans ce compte pirate de cette Coopérative écran.

Mais le leader de ce Camp lui-même ne serait pas blanc comme neige. Il est en effet le tout premier Délégué de ce Gicaca qui aurait brillé par une gestion calamiteuse de l’argent communautaire. La découverte de ses forfaits l’a fait fuir par pirogue vers la Guinée Équatoriale, puis le Gabon des années durant. Ayant signé trois contrats avec d’autres partenaires forestiers qui lui auraient versé d’énormes sommes, il serait aujourd’hui pris dans l’étau de la pression de ces créanciers. En plein Confinement du COVID19, il a réuni dans sa case 85 personnes pour faire un coup d’état au camp Mekoa ; au point de réussir l’exploit de tromper la vigilance du 3ème adjoint préfectoral de Kribi Marcel Biong parti remettre les dons du Chef de l’État à Campo, mais qui lui a signé un récépissé validant son Assemblée générale, à l’insu même du Préfet de l’Océan Antoine Bisaga réputé être un homme d’une rectitude morale rare au Cameroun. Du coup, Abel Mvondo huilera la machine de la délégation Minader à la banque Atlantique pour obtenir l’ouverture d’un compte bancaire.

Le deuxième Camp est celui de Philémon Mekoa, le Délégué du Gic qui rejette en bloc les accusations de détournement de 188 millions et 56 millions 500 milles. Selon des sources crédibles, Sextrans Bois lui a versé 38 millions en deux tranches de 18 et 20 millions de Francs CFA. C’est ce dernier virement qui a entraîné cette levée de boucliers.

Avec le blocage de ce compte, le dossier financier du Canton AKAK commence à sentir l’odeur d’un joli petit scandale où beaucoup risquent laisser leurs plumes. Des interrogations fusent de partout. Entre autres: Pourquoi le nouveau Délégué Départemental du Minader en deux semaines, avec son chef service des agréments, ont signé trois agréments du même Gicaca, aux deux factions tantôt comme GIC, tantôt comme Coopérative ? Pourquoi le Chef d’agence de la Banque Atlantique Romuald MBASSOA a ouvert trois comptes aux mêmes entités et factions pourtant avec le même dossier du GIC foulant aux pieds la réglementation et adressant des coups de fil suspect aux requérants? Pourquoi le troisième adjoint préfectoral Marcel Biong s’est empressé de valider l’Assembleée Générale d’une faction sans s’en référer ni au sous-préfet de Campo, ni au Préfet ? Pourquoi Sextrans Bois s’est précipité de virer l’argent dans un compte d’une Coopérative alors qu’elle a le contrat avec le Gic? Peut-on établir la traçabilité de tous les fonds gérés par les deux délégués élus normaux du Gicaca ? Quel est vraiment le but du rôle trouble joué par le Maire Robert Olivier Ipoua, très actif dans l’ombre de ce dossier et qui s’est hâté de valider la faction dite rebelle? Une forte odeur de corruption sent dangereusement dans cette affaire où on avance des montants faramineux encaissés ou promis aux responsables de toute la chaîne d’intervention, de Campo à Kribi.

En tout cas, la justice s’est même déjà saisie de ce dossier brûlant qui risque emporter de grosses têtes. Aux dernières nouvelles, une Assemblée générale est convoquée par le Délégué Philémon Mekoa vendredi 7 août. Mais déjà, la faction rivale, à travers un brûlot adressé à l’autorité administrative, a interdit de séjour dans son village ce fils du village. Entre temps, la Cheffe rebelle Irène Ango et ses populations ont constitué un bouclier humain sur la route. Sextrans passera encore avec leur bois, rien que sur leur cadavre. Une affaire à suivre et qui crée une vive tension à Campo.

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