Chronique – « Ceux qui nous gouvernent sont de deux types: ceux qui veulent la paix et ceux qui aiment la guerre »

Lundis Chroniques - Edition du 10 Août 2020

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Le saviez-vous ? La Communication est un exercice qui trahit la nature de nos rapports avec les gens ; n’en déplaise aux mentalités grégaires. Quand un dirigeant n’en fait pas domicile, y renonce ou s’y prenne inopportunément, se prononce son penchant docile à la guerre. « Lundis Chroniques », est une Levée de bouclier ce lundi 10 août 2020 sur les légèretés et les lourdeurs de la stratégie de communication gouvernementale sur la Riposte contre le Coronavirus au Cameroun.

Lundis Chroniques – Edition du 10 Aout 2020Mesdames, Messieurs bonjour ! Ce jour, je nous propose une pause sur l’incongruité d’une nécessité prétendue de la théorie du silence éloquent tendue comme un véritable piège dans une situation de crise sanitaire dans laquelle certains gestionnaires ont choisi de se taire en dépit de la gravité de la situation et d’importantes ressources mises à leur disposition. Dans une situation de crise qui plus est, sanitaire,  le silence frise l’indifférence et l’arrogance volontaire. Loin des exigences de la stratégie de la communication politique,  Je comprends que la communication sur des risques est sans doute un exercice risqué. Je comprends aussi que parfois la parole peut être plus lourde que celui qui la porte. Mais jamais, un porte-parole ne doit y renoncer. Quand un décret a nommé et que l’on a signé, ça devient un devoir, oui un devoir ; le devoir de communiquer. Et quand vous refusez de communiquer, abstenez-vous aussi de séquestrer, d’humilier, de menacer même si vous pouvez le renier après. Fort de cela, pour éviter à nos gouvernants des erreurs sur la stratégie de communication contre le coronavirus, une tribune de l’agence spécialisée dans la communication pour le développement InterAtiv avait été commise au tout début de la crise intitulé « Les 04 erreurs fatales du Cameroun sur la Communication contre le coronavirus ». Entre-temps beaucoup d’eau a coulé sous le pont, dans les poches sont entrés trop de millions, maintenant place aux comptes.

Mi-juillet, l’opinion publique nationale commence à faire monter le ton pour exiger des comptes quant à la gestion des fonds alloués à la lutte contre le Coronavirus. Députés, ONG, des hommes de médias, etc., chacun y va de sa méthode pour réclamer aux membres du gouvernement un bilan en toute transparence. Demande bien reçue par le Chef du Gouvernement, Joseph Dion Nguté qui aussitôt commande une enquête sur la gestion des fonds liés à la Covid-19. Rien de neuf, jusque-là. Mais à partir de là, ceux qui connaissent le Cameroun ont commencé à chercher dans tous les médias celui qui porte la Parole de notre Gouvernement pour qu’il vienne lever le voile des soupçons de malversations, et blanchir comme il en est de l’ADN de son poste, l’image du Gouvernement. Au moment où il fallait dire, René Emmanuel SADI n’a rien dit. Contre ceux qui on dit, il s’est défendu, et même un peu plus. Est-ce alors ça communiquer ? Non ! Non,  Monsieur le Ministre de la Communication. « La communication d’émission est une démission à la communication », le martèle fort bien Gilbert Rapaille.

Aura-t-il fallu que vous soyez cité par un journaliste dans l’affaire de détournements de fonds liés au Covid-19 pour qu’on entende que vous avez séquestré ? Ok c’est une chose que vous avez renié dans une mise au point rendue publique par les soins de Félix ZOGO, le Secrétaire Général de votre département ministériel le 4 aout dernier pour essayer de  défendre et blanchir votre image. Un document de quatre pages au style lissé et aux mots policés dans lequel vous rejeté en bloc les accusations proférées contre vous.  Mais dans cette sortie-négation du Ministre de la Communication, sans le savoir il a confirmé deux choses. D’un : A l’instar du Ministère de la Santé et d’autres département ministériels, le ministère de la Communication a effectivement reçu des fonds dans le Cadre de la riposte gouvernementale contre le coronavirus. De deux : L’épaisseur de cette enveloppe pourrait bien se rapprocher de celle évoquée par ce journaliste dont le travail professionnel a contraint le concerné  à réagir  sur la question.

Au-delà de ces deux aveux restés inavoués, on remarque sur le tarmac gouvernemental, ces erreurs qui auraient dû être tenue en horreur, et lesquelles sont citées de manières non exhaustives par l’Agence InterAtiv qui semblait avoir vu juste lorsqu’elle mettait en lumière en faveur de notre dirigeants « Les risques du mimétisme d’une communication à l’Occidentale », « La grande confusion entre Communication et Information », « Le silence voire l’indifférence face aux fakenews » et la manipulation ou la désinformation de l’opinion.

L’actualité autour de la gestion des fonds liés au Covid-19 dans notre pays, crée dans ma tête un vide. Mais la nature a horreur du vide. C’est la seule fioriture avide de contenu. Que ce contenant se vide est un rêve méconnu. Dans cette logique aristotélicienne,  la nature doit à tout prix se remplir de quelque chose, que ce quelque chose soit inodore ou incolore. Ce qui est plus magique encore, ces matières qui doivent nécessaire-ment se substituer dans ce vide naturel sont pour la plupart des contraires. Ainsi, si l’on peut admettre que la lumière se retire, les ténèbres vont remplir. Ceux qui se déçoivent de bien construire, reçoivent ceux qui vont bien démolir, détruire,  déconstruire. Ceux qui consument ou sèchent la Vérité, exhument et  lèchent des vérités. En déféquant des news, c’est renfermant des fakenews.

Communiquer c’est éviter que les autres parlent seuls de ce qu’ils veulent, c’est prévenir les incompréhensions. Communiquer c’est partager une information, fut-elle fausse avec quelqu’un avec qui, on n’aimerait pas avoir des problèmes. Communiquer c’est donc apaiser, c’est négocier un terrain d’entente avec celui que l’on respecte. En revanche, Refuser de communiquer, c’est ignorer  l’autre, lui priver de son droit à l’information, c’est le mépriser, le minimiser  c’est l’intimider, c’est le frustrer, lui donner libre champ à toutes les insinuations, c’est guerroyer, dans une logique « je-m-en-foutiste ». On peut noter ici que comme tous les camerounais, ceux qui nous gouvernent sont de deux types. Ce qui veulent la paix et ceux qui aiment la guerre.    

Je voudrais ici saluer dans la première catégorie, la dextérité, l’humilité, la disponibilité d’un homme qui a compris, ce qui est toujours resté incompris par la plupart des membres du gouvernement. Avec la parole et les écris à l’appui, il joue son rôle. Malachie Manaouda le Ministre de la Santé Publique qui a géré et continue de générer avec brio l’épidémie du coronavirus au Cameroun en rendant compte sans avoir ni peur ni honte. Il le sait autant que Paul-Louis Courier : « Parler est bien, écrire est mieux ; imprimer est excellente chose. Car si votre pensée est bonne, on en profite ; mauvaise, on la corrige et l’on profite encore ». Malachie Manaouda, le successeur de Mama Fouda sur les questions de Santé publique,  quelle humilité, quelle tempérance, quelle transparence dans la gestion de l’épidémie au Covid. Quoique parfois critiqué sur les données communiquées dans les médias et réseaux sociaux, le Ministre de la Santé a toujours voulu été instantané sur tout ce qui est à voir et à savoir. Il est de cette espèce rare de nos Ministres qui osent répondre aux internautes, et avec respect ; qui leur explique des choses, qui demande pardon quand cela s’impose. Voilà ce qu’on appelle, un ministre voué à la cause de la chose publique, loyal au Président de la République. Rien à avoir avec ces autres patrons de ces départements ministériels qui moussent d’autorité, qui trémoussent de supériorité, toujours prêts à traquer, à étriper, à torpiller et à museler le bas peuple. Ceux-là aiment la guerre. Oui la guerre, c’est ce qu’ils aiment, La guerre c’est là qu’ils nous amènent et nous traînent. Et depuis, c’est avec l’argent des gens qu’ils s’y préparent et s’y entraînent.

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Lundis Chroniques – Editions du 10 août 2020
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