Lundis Chroniques du 17 août 2020 – Tribu et Politique: L’axe du mal camerounais

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Alors que le climat social se conjugue aux allures incendiaires, plutôt que les signes de temps qu’évoquent certains analystes visionnaires, « Lundis Chroniques » de Franck Olivier BIYA exhume ce lundi 17 août 2020,  au pied du mal camerounais : La tribu et la politique. Tribalistes et politistes, bien vouloir s’abstenir…   

Mesdames, Messieurs salut ! Sincèrement si seulement je pouvais, je vous aurais donné ce matin un bonjour de paix. Le problème étant que la paix, qui de nous sait réellement ce c’est. Au Cameroun aujourd’hui plus que jamais, la paix est une urgence. Aussi, C’est une redondance d’y parler de recrudescence de crises qui s’enlisent avec alternance de crises politiques et économiques, crise de légalité et de légitimité, crises frontalières, judiciaires et sanitaire,  crise militaires et sécuritaires, crise humanitaires et identitaires ;  crise morales. Partout dans notre pays, l’orage du mal fait rage. Ce n’est pas normal ! Mais alors qui le sait ? Prenant pour cause,  le terrorisme, les conflits, la pauvreté et les dérèglements climatiques qui menaçaient à cette époque et aujourd’hui encore dangereusement la plupart des Etats du Monde et Son Cameroun, le président Paul BIYA du Haut de la tribune de la 72ème  Assemblée Générale des Nations Unies, sort net de sa tête, une phrase qui va marquer toute la planète :

SON 1 – Paul BIYA : « Aujourd’hui nous sommes tous, je dirais, « mendiants de la paix » ».

Étonnamment La forte résonance à travers le monde de cette phrase n’aura aucune assonance  au Cameroun et personne ne sera en phase avec. On me dit Camerounais, mais je mendie tout, sauf la paix.

Pourtant citoyens d’un pays de paix disait-on, Nous les Camerounais, aimons-nous vraiment encore la paix ? Cherchons-nous vraiment la paix ? Cultivons-nous vraiment la paix ? Je ne sais pas pour vous, quant à moi, ces questionnements me plongent dans le coma. Parce que là je suis Thomas.  Impossible de penser autrement tant que la corruption et la dépravation des mœurs continueront de déraciner La Morale Publique ; Tant que le tribalisme et le gangstérisme politique continueront de décimer l’Ordre public, Tant que les replis identitaires et les gestionnaires continueront de vandaliser les deniers publics ; Tant que le népotisme, le favoritisme et l’éclectisme continueront d’être les normes de fonctionnement d’une nation qui se veut émergente ; tant que le trafic d’influence et la ploutocratie continueront de faire ingérence dans notre démocratie.

Certain de ces fléaux se retrouvent avec emphase dans l’affaire des conversations privées de Jean Pierre Amougou Belinga qui ont pour habitude de fuiter. Après la fuite en juillet 2020, d’une conversation surréaliste entre l’homme d’affaires et l’ambassadeur du Cameroun en RCA, S.E Nzoyoum Nicolas, un nouvel échange téléphonique peu ordinaire du patron du groupe L’Anecdote tourmentent les esprits dans les réseaux sociaux. Cette fois, le Zomloa a pour interlocuteur, le secrétaire général de la Délégation Général à la Sûreté Nationale (DGSN), le commissaire divisionnaire Dominique Baya. Et comme avec l’ambassadeur camerounais en RCA, M. Amougou Belinga qui se montre menaçant et reproche à son ‘‘voisin’’ d’avoir reçu la visite du patron de la police, Martin Mbarga Nguelé et l’un de ses collaborateurs, le commissaire divisionnaire Meva’a. Evidemment y sont versés du zèle, des intimidations et de l’influence qu’il aurait sur certains ministères. La grande question étant, si comment toutes ces conversations se retrouvent-elles dehors ?  Les mêmes tares et avatars de notre systèmes sont dans l’actualité autour du fameux dossier foncier dans la Vallée du Ntem  qui divise aujourd’hui l’Etat et les populations locales faisant observer des nombreuses irrégularités dans le processus d’attribution des terres, notamment le manque de consultation. Espérant trouver un consensus avec les populations, le gouvernement a suspendu la procédure d’expropriation de 66.340 hectares de forêt mis à la disposition de Neo Industry SA.  Je ne voudrais pas évoquer par ailleurs, les incursions politiques qui sont faites dans une rencontre entre un Citoyen camerounais de haut vol, Francis NGANOU et l’Armée. Après sa visite au quartier général du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) à Limbe la semaine dernière, le champion de Mix Martial Art est accusé par nombre d’internautes de soutenir l’armée et le régime de Paul Biya. Pour ses contempteurs, c’est la preuve qu’il apporte son soutien à l’armée camerounaise accusée d’agir en position de bourreau dans la guerre qui l’oppose aux milices séparatistes. Comme si l’armée était devenue une tribu ou un parti politique. La Tribu et la politique sont devenus malheureusement nos échelles de valeurs suivant lesquelles on jauge et on ambitionne, on juge et on sanctionne.   

Conséquence lancinantes, les pauvres qui s’appauvrissent jusqu’aux abysses, les riches qui s’enrichissent au-delà des cimes et n’en fissent…pas. Sur nos axes routiers, c’est du sang qui coule ; A Yaoundé des explosions de Bombe veulent en découdre, Au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, les pauvre femmes sont assassinées la machette au Cou. Nul doute, ça saigne de partout. Grande est la peur de beaucoup, le peuple en pleure  surtout. Le  Climat social est en Fumerolle.  Les seules fêtes qui restent seraient donc des funérailles, puisque certaines autorités administratives se veulent déjà décisives dans leurs interdictions de mariage. J’insiste, La tribu et la politique font ombrage. Finalement ça va dans tous les sens, sauf dans le bon. Plus rien ne tourne rond.  Certains y voient venir en paix des Signe des Temps, Mais d’autres attendent encore que le Temps signe en paix. Mais moi je dis, cet incendie n’a que deux pyromanes : La tribu et la politique. Nous croyons que les nouvelles valeurs au Cameroun sont la politique et la tribu. Parce que nous tribalisons et politisons tout. Et la République se verse dans la rue publique, des clapets au sommet se claquent, plus de sommeil, plus de paix. La messe étant dite, je souhaiterais que vous alliez dans la paix. Bon Lundi et à Lundi.

Lundis Chroniques – Edition du 17 août 2020, une présentation de Franck Olivier BIYA
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