Journée Internationale de la Fille: Karaba ou l’Histoire d’un Viol Collectif!

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Ceux qui connaissent l’histoire savent que, Karaba rumine une haine profonde en vers les hommes, qu’elle a fini par transformer en « fétiches », mais très peu sont capables de dire pourquoi.  À l’occasion de la journée internationale pour les droits de la fille,  qui s’est célébrée pour la énième fois dimanche 11 octobre, nous vous proposons l’histoire de Karaba et les hommes, une triste histoire D’UN VIOL COLLECTIF ET DE GUERRE EN AFRIQUE!

Kirikou cherchant à comprendre comment vaincre Karaba, va voir son « grand-père », le vieux sage dans la montagne. Ce dernier lui révèle pourquoi Karaba hait les hommes et les transforme en fétiches.

On apprend dans son récit, que Karaba,  jeune femme très belle avait été  » capturée » par les hommes du village qui à plusieurs, se sont mis sur elle, l’ont immobilisée pour lui enfoncer dans l’épine dorsale  » un pic » qui la fait souffrir atrocement et lui fait subir le martyr depuis, et qui l’a transformée en sorcière.

Cette douleur quotidienne est profonde qu’elle l’empêche de vivre, d’aimer…et l’a rendu haineuse contre les hommes qu’elle a maudit et avec eux tout leur village.

Ceci n’est rien d’autre qu’une allégorie DU VIOL DE GUERRE EN AFRIQUE. L’auteur Michel Ocelot, créateur du film a par-là voulu dénoncer les viols de guerre et leur processus  de rejets. Ici on apprend donc que les hommes se sont mis à plusieurs sur Karaba, l’ont immobilisée et lui ont enfoncé « un pic » qui symbolise leur sexe, causant des douleurs effroyables à Karaba! Suite à cette douleur infligée par des hommes…elle s’est retrouvée rejetée et isolée hors du village, ce qui est le schéma réel des femmes victimes de viols collectifs, ou de guerre, de victimes elles passent à coupables aux yeux des autres, qui en les rejetant…rejettent leur propre culpabilité et leur impuissance à conjurer la douleur de ces femmes qu’ils n’ont pu protéger.

Kirikou ici représente l’innocence et le courage. C’est lui qui apprenant le secret de Karaba, va la délivrer de son mal en lui arrachant avec les dents, le pic que lui ont enfoncé ces  hommes, la libérant ainsi de sa douleur. Sur ce, cette dernière va reprendre goût à la vie, et va pardonner aux hommes, leur redonner leur aspect normal et se réconcilier avec le village. Tout autour d’elle sera transformé à nouveau et la nature va reprendre ses droits, son agression par les hommes, son viol ayant maudit tout le village, le desséchant et lui privant de lumière, d’eau, de fleurs etc…

L’auteur montre que violer une femme, c’est violer le monde, c’est maudire soi-même et être condamné au malheur. Karaba la sorcière n’est donc pas un bourreau, mais une victime de viol qui ayant eu le courage de punir ses bourreaux qui sont les villageois, s’est vue rejetée par toute sa communauté et mise à l’écart.

« Ma voix, l’égalité pour notre avenir »

Au lendemain d’une autre  11 octobre, une autre édition de la journée internationale des droits de la jeune fille, s’impose une halte devant Viol, inceste, excision, mariages précoce et forcé, repassage des seins, VIH, insécurité, etc., tristes faits qui plombent encore le quotidien de ces jeunes femmes au Cameroun au ailleurs, dans un contexte social, culturel, économique et sécuritaire précaires.

Chaque année, le 11 octobre, date de la Journée internationale de la fille, l’UNICEF lance une campagne annuelle pour donner aux filles la possibilité de faire entendre leur voix et de se mobiliser pour leurs droits. Cette année, avec comme thème « Ma voix, l’égalité pour notre avenir », cette édition se veut une occasion pour réinventer un monde meilleur qui s’inspire aux des adolescentes, un monde où elles sont mobilisées et reconnues, un monde où on l’on compte et mise sur elles.

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